La photographie au service de la parité

vernissage Bokande
Image caption Sandra Bocandé était l'une des égéries du vernissage.

Du beau monde s'est pressé le week-end dernier à la place du souvenir à Dakar, où plusieurs personnes parées de leurs plus beaux atours, sont venues assister à l'exposition de photographies : "Entre Femmes ", initiée par une marque de vêtements sénégalaise.

Rendre au vêtement, sa dimension humaine

Vous êtes-vous déjà senti jugé inapte du seul fait de votre style ? Avez-vous déjà pensé que certaines professions vous étaient inaccessibles à cause de votre manière de vous vêtir ?

Ce sont les questions soulevées lors du panel qui a regroupé plusieurs égéries choisies dans dix secteurs d'activité.

Elles étaient au nombre de dix au total, à avoir participé au projet : Dr Awa Marie Coll Seck, ministre de la Santé et de l'Action sociale, Aissata Tall Sall, maire de Podor, une ville au nord du Sénégal, Sandra Bocandé, pilote de rallye automobile et la chanteuse Maréma Fall, entre autres.

Image caption Aissata Tall Sall, maire de Podor, entre deux des organisatrices de "Entre Femmes".

Des parcours différents, pour exprimer le même souhait : être libre de se vêtir tout en gravissant les échelons de sa vie professionnelle.

Il était question de célébrer le vêtement, mais à travers lui, montrer qu'il y a un rapport entre la mode et le renforcement des inégalités de genre.

Lutter contre les clichés

L'évènement à caractère féministe entend casser certains préjugés tenaces dans la société sénégalaise et emmener à regarder la femme dans son milieu professionnel comme un acteur influent, indépendamment de son code vestimentaire.

Image caption Bambi Dieng, maraîchère, présidente du GIE Fekki Fatch, a participé au panel.

" Certains clichés ont la vie dure au Sénégal. Très tôt par exemple, on dit que les filles en série littéraire sont plus féminines et plus coquettes que celles en sciences qui sont perçues comme des filières plutôt masculines.

On les prépare déjà à mentalement intégrer qu'elles devront être comme des hommes pour évoluer dans les métiers scientifiques", explique Aminata Dia, présidente de Modesty Group, organisateur de l'événement.

Image caption Amsatou Sow Sidibé, juriste, au milieu de deux ambassadrices de Modesty Group.

Pour Abdoulaye Ndao, le photographe partenaire du projet, il était important de véhiculer un message de courage aux générations féminines futures : « j'espère qu'en voyant ces dames qui luttent pour récupérer leur vraie place dans la société à travers mon objectif, plusieurs femmes seront inspirées et chercheront à s'imposer », s'écrie-t-il, confiant.

Ne pas exclure les hommes

"Entre femmes, mais avec les hommes" ont tenu à préciser les organisatrices lors des discussions. Comme Lamine Bruno Morin, ils étaient nombreux dans l'audience à se sentir interpellés par ce thème : "Tant qu'une femme s'habille décemment, sans choquer, elle doit pouvoir se vêtir comme elle l'entend sur son lieu de travail sans se forcer à se mouler dans des carcans sociaux", avance-t-il.

Les photographies des égéries ont été dévoilées, à la fin de la cérémonie.

Image caption La chanteuse Maréma Fall a fait une brève prestation lors du panel.

Objectif pleinement rempli pour Fatymatou Dia, secrétaire générale de Modesty Group : " la priorité était de montrer que dans tous les contextes, c'était au vêtement de s'adapter aux femmes et non l'inverse ", achève-t-elle.

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