CPI : fin du procès-éclair d’Ahmed Al Mahdi

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Image caption Al Mahdi avait en 2012 surveillé l'activité des habitants autour des Mausolées, et conclu que leurs pratiques idolâtres n'étaient pas conformes à l'Islam.

Le procès d'Ahmed Al Mahdi devant la Cour pénale internationale a pris fin mercredi.

L'ex-membre d'Ansar Dine avait plaidé « coupable », au début du procès, d'un crime de guerre pour la destruction de neuf des Mausolées de Tombouctou et de la porte de la mosquée Sidi Yahia.

A cette époque, la ville était occupée par les djihadistes d'Ansar Dine et d'AQMI.

Le procureur a requis de neuf à onze ans de prison contre" le chef d'orchestre de la destruction" des Mausolées de Tombouctou.

Devenu conseiller en matière islamique des émirs d'AQMI et d'Ansar Dine lors de l'occupation en 2012, Al Mahdi avait, pendant un mois, surveillé l'activité des habitants autour des Mausolées, et conclu que leurs pratiques idolâtres n'étaient pas conformes à l'Islam.

" Un crime contre l'histoire et la mémoire "

S'il affirme s'être prononcé contre, il supervise néanmoins les destructions. Pour le procureur, la destruction des Mausolées est un " crime contre l'histoire et la mémoire ".

Il estime néanmoins que les aveux de l'accusé, et sa coopération peuvent être considérés comme des circonstances atténuantes.

Non seulement, Ahmed Al Mahdi a avoué sa responsabilité et raconté les destructions, mais il a aussi coopéré sur d'autres questions, concernant plus largement le dossier du procureur sur les crimes commis au Mali depuis janvier 2012.

La défense a demandé une peine plus légère, en deçà des 7 ans de prison infligé à un officier serbe pour la destruction du patrimoine de Dubrovnik en ex-Yougoslavie.

Les actes d'Al Mahdi n'ont pas fait de mort, a rappelé la défense, rappelant que si les Mausolées avaient été détruits, les tombes elles-mêmes n'ont pas été profanées.

Ses avocats ont aussi souligné qu'en plaidant coupable, et en coopérant avec l'accusation, Al Mahdi a pris des risques pour lui-même, sa famille et ses proches.

En février dernier, AQMI avait revendiqué l'enlèvement d'une suissesse au Nord Mali et demandé en échange de l'otage la libération d'Al Mahdi.

Les juges se sont retirés pour délibérer. Le verdict sera rendu le 27 septembre.