Egypte: des avoirs gelés

Copyright de l’image AFP
Image caption Hossam Bahgat a fondé l'Initiative egyptienne pour les droits personnels.

Le gels des avoirs de plusieurs défenseurs des droits de l'Homme relance les craintes concernant une nouvelle répression de la société civile en Egypte.

Parmi les personnes concernées, il y a Hossam Bahgat, journaliste et fondateur de l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), Gamal Eid, célèbre avocat qui dirige le Réseau arabe pour l'information sur les droits humains ainsi que Bahey el-Din Hassan, le fondateur et directeur de l'Institut du Caire pour les études des droits de l'Homme ou encore Moustafa al-Hassan, le directeur du centre juridique Hisham Moubarak, et Abdel Hafiz Tayel, le directeur du centre égyptien pour le droit à l'éducation, avec leurs organisations.

Cette mesure intervient dans le cadre d'une vaste enquête sur les financements étrangers de la société civile, ouverte en 2011 après la révolte qui a mis fin au pouvoir de Hosni Moubarak .

L'affaire avait provoqué une crise diplomatique entre Washington et le Caire.

L'Union européenne a critiqué cette décision, estimant que "la pression croissante sur la société civile égyptienne indépendante, en particulier les organisations et défenseurs des droits de l'Homme, n'est pas en adéquation avec les engagements de l'Egypte à promouvoir et respecter les droits humains et les libertés fondamentales tels que garantis par la Constitution".

L'avocat de M. Bahgat, Taher Abou Al-Nasr, les personnes visées par la mesure n'auront pas le droit de faire appel avant trois mois.

Les ONG internationales telles que Amnesty International accusent régulièrement le président Abdel Fatah Al-Sissi d'avoir instauré un régime ultra-autoritaire et appellent "les autorités égyptiennes à arrêter de harceler ces défenseurs des droits de l'Homme".