Niger : des enseignants fictifs

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Image caption Enseignant dans une école du Niger

Plus de 1917 enseignants contractuels sont fictifs, dans les écoles du Niger. La Haute autorité de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (Halcia) tire la sonnette d'alarme après une enquête dans les écoles.

Salissou Oubandoma, le vice-président de la Halcia, affirme que, pour faire face à la pénurie des professeurs dans le secteur l'éducation, l'Etat du Niger recourt aux services des enseignants contractuels.

Aujourd'hui, ces enseignants sont de plus en plus nombreux, et la gestion de leur effectif pose problème.

Le vice-président de la Halcia soutient que chaque mois, le gouvernement nigérien débloque plus de sept milliards de franc CFA pour la paie de ces enseignants.

Malgré tout, il y a toujours certains parmi eux qui ont des mois d'arriérés de salaire.

Après deux mois d'enquête dans cinq des régions du pays, la Halcia a découvert que plus de 1917 enseignants contractuels sont fictifs.

"Il y a des enseignants qui ne viennent plus travailler et continuent de percevoir leurs salaires. Pour d'autres, ce sont leurs collègues qui touchent de l'argent à leur place", affirme Salissou Oubandoma.

Selon lui, certains enseignants ont trouvé des subterfuges pour percevoir leurs salaires de manière indue.

M. Oubandoma recommande au gouvernement de procéder à la "mécanisation" des enseignants pour avoir la traçabilité des salaires et mieux maîtriser l'effectif.

Salissou Oubandoma exhorte aussi le gouvernement à arrêter le recrutement des contractuels. "Il y a plus d'enseignants qu'il n'y a de besoin. Et puis, le plus grand nombre de ces enseignants sont concentrés en ville, alors que dans les villages, on peine à les avoir", déplore-t-il.

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