RDC : la communauté internationale préoccupée

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Image caption Ban Ki-moon "exhorte tous les dirigeants politiques concernés et leurs partisans à s'abstenir de tout autre acte de violence susceptible d'aggraver la situation".

De nombreuses personnalités ont réagi aux violences à l'origine de la mort de 17 personnes en République démocratique du Congo, lundi 19 septembre.

Le secrétaire général de l'ONU a exprimé sa "profonde préoccupation" concernant les affrontements meurtriers survenus lors de manifestations organisées par l'opposition congolaise dans plusieurs villes pays.

Ban Ki-moon "exhorte tous les dirigeants politiques concernés et leurs partisans à s'abstenir de tout autre acte de violence susceptible d'aggraver la situation".

Il a appelé les autorités congolaises "à s'assurer que les forces de sécurité nationales exercent la plus grande retenue face aux manifestations".

Le président français a réagi à la crise politique en RDC.

"La Constitution doit être respectée, les élections doivent se tenir", a déclaré François Hollande, lors d'une conférence de presse, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York.

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Image caption François Hollande a qualifié d' "inadmissibles et insupportables" les violences survenues en RDC et a dénoncé "des exactions venant de l'Etat congolais lui-même".

"Nous ne transigerions pas sur les élections, leur date et le processus constitutionnel", a-t-il lancé, une réaction qui allusion à l'intention prêtée par Joseph Kabila par l'opposition congolaise de vouloir se maintenir au pouvoir à la fin de son second mandat en novembre prochain.

François Hollande a qualifié d' "inadmissibles et insupportables" les violences survenues en RDC et a dénoncé "des exactions venant de l'Etat congolais lui-même".

L'envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands Lacs, Tom Perriello, a parlé de "cette crise qui était tout à fait évitable".

"Si le gouvernement avait respecté ses obligations constitutionnelles d'organiser l'élection présidentielle, on ne serait pas dans cette crise aujourd'hui", a commenté M. Perriello.

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Image caption L'envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands Lacs, Tom Perriello, a parlé de "cette crise qui était tout à fait évitable".

"On aurait pu éviter les heurts (…) De nombreux représentants de la communauté internationale étaient à Kinshasa la semaine dernière dans l'espoir de réunir tout le monde autour de la table, il y avait des mesures simples à prendre qui ne l'ont pas été", a regretté l'officiel américain.

De son côté, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), a appelé l'opposition et la majorité présidentielle à "construire ensemble" la RDC.

La Cenco a suspendu sa participation au "dialogue national" entamé début septembre, à Kinshasa, entre le pouvoir, une partie de l'opposition et des organisations de la civile congolaise, pour désamorcer la crise.

Donatien Nshole, son représentant à ce forum, estime que les violences survenues lundi sont la preuve qu'"une bonne partie de la population ne se sent pas concernée par le dialogue actuel".

Michaëlle Jean, la secrétaire générale de la Francophonie, a jugé "navrant de voir ce qui se déroule en République démocratique du Congo". "C'est le pire des scénarios, cette situation de violence", a-t-elle réagi, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

"Nous échangeons avec nos partenaires internationaux, sur la gravité des faits, de la situation et l'impact dévastateur que cela peut avoir sur la suite des choses", a-t-elle ajouté.

Félix Tshisekedi, fils de l'opposant Etienne Tshisekedi et cadre de l'UDPS, accuse le régime de Joseph Kabila d'être à l'origine de l'incendie du parti.

Michaëlle Jean, la secrétaire générale de la Francophonie, a jugé "navrant de voir ce qui se déroule en République démocratique du Congo". Copyright de l’image Getty Images
Image caption Michaëlle Jean, la secrétaire générale de la Francophonie, a jugé "navrant de voir ce qui se déroule en République démocratique du Congo".

"Ils (des proches de Joseph Kabila) nous accusent injustement d'avoir incendié leur siège. Quand bien même cela aurait été le cas, un gouvernement responsable aurait cherché les coupables pour les sanctionner. Il ne réagit pas comme une milice mafieuse, comme c'est le cas aujourd'hui, mais avec responsabilité", a-t-il dénoncé.

"Les victimes des agissements criminels d'hier (lundi 19 septembre) ont pris la résolution, semble-t-il, de se faire justice elles-mêmes (…) Le gouvernement condamne cette attitude de justice populaire", a réagi le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

Selon lui, les agents des forces de l'ordre déployés sur le terrain lors des violences doivent des explications aux autorités judiciaires, les civils à l'origine des manifestations aussi.