Malabo contre Paris, devant la CIJ

Stéphanie Maupas, BBC Afrique, La Haye

Teodorin Nguema Obiang, fils du président de la Guinée-Equatoriale, est également le vice-président du pays. Copyright de l’image AFP
Image caption Teodorin Nguema Obiang, fils du président de la Guinée-Equatoriale et vice-président de ce pays

La France et la Guinée-Equatoriale étaient ce matin devant la Cour internationale de justice, à La Haye, aux Pays-Bas.

Malabo demande aux juges de cette juridiction des Nations unies chargée d'arbitrer les différends entre les Etats de suspendre les procédures engagées en France contre le vice-président équato-guinéen Teodorin Nguema Obiang.

"Il y a urgence de suspendre les procédures judiciaires visant Teodorin Nguema Obiang en France", plaident les avocats de la Guinée-Equatoriale.

Un procès du vice-président de ce pays, fils du chef de l'Etat, est prévu devant le tribunal correctionnel de Paris, le 24 octobre prochain.

Malabo attend de la CIJ qu'elle ordonne la suspension de toutes les procédures ouvertes contre Teodorin Nguema Obiang.

Il s'agit de faire annuler le procès prévu la semaine prochaine à Paris.

Cette affaire dite "des biens mal acquis" a été lancée en France par plusieurs organisations non gouvernementales en 2007 et visait des responsables africains.

Plusieurs plaintes avaient été déposées devant le parquet financier de Paris, contre Teodorin Nguema Obiang, accusé de détournement de fonds publics.

Il est soupçonné d'avoir réinvesti les fonds en question en France, dans l'immobilier notamment.

"Droits souverains"

La Guinée-Equatoriale estime qu'en poursuivant ces affaires, Paris viole l'immunité diplomatique de Teodorin Nguema Obiang.

Elle défend aussi "le caractère inviolable" d'un immeuble situé avenue Foch, à Paris.

Malabo assure que l'immeuble en question abrite sa mission diplomatique en France.

Au cours des dernières années, quatre perquisitions ont été effectuées dans l'édifice par la police française.

Les avocats de la Guinée-Equatoriale ont estimé que les locaux pourraient être saisis et vendus aux enchères si la CIJ ne s'interpose pas.

Malabo dit défendre, devant cette juridiction, ses "droits souverains, qui sont gravement menacés".

Elle ajoute que le gouvernement et le peuple se sentent équato-guinéens sont "profondément offensés par la manière injuste et insultante" dont le pays est traité en France.

Les audiences se poursuivront mardi.

Ce sera au tour de la France de se prononcer sur le dossier.

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