Des heurts meurtriers à Bangui

Max Allaroum, BBC Afrique, Bangui

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Image caption Les heurts meurtriers survenus dimanche ont eu lieu à quelques heures de la fin de l'opération française "Sangaris".

Au moins 10 personnes ont été tuées et environ 20 autres blessées dans des affrontements survenus dimanche au PK5, un quartier de Bangui, la capitale de la Centrafrique.

Les heurts opposaient deux milices rivales du quartier, qui sont accusées par les autorités gouvernementales d'entretenir des violences armées dans plusieurs parties de la capitale.

Les affrontements ont éclaté au moment où Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, était attendu à Bangui pour déclarer officiellement la fin de l'opération militaire "Sangaris" menée par des soldats de son pays en Centrafrique depuis fin 2013.

Ils ont eu lieu aux environs de 17h (heure locale).

Des détonations d'armes lourdes et de petits calibres ont été entendues.

Les affrontements opposaient la milice du redouté ex-Séléka Issa Kapi dit "50/50" à un groupe d'autodéfense dirigé également par un ex-membre de la Séléka, surnommé "Force".

Selon des témoignages recueillis par BBC Afrique, la rivalité entre les deux groupes a toujours été alimentée par la collecte d'une taxe auprès de commerçants musulmans résidant au PK5.

L'adversité des deux camps est montée d'un cran depuis l'assassinat du commandant Marcel Mombeka, un soldat de l'armée centrafricaine, le 4 octobre dernier.

Sa mort est attribuée à un certain Abdoul Danda, un membre influent du groupe de "50/50".

Des médiations menées par des chefs religieux après l'assassinat du soldat n'ont pas permis de réconcilier les deux belligérants.

Dimanche soir, les hommes de "50/50" ont eu un accrochage avec une milice d'autodéfense, qui s'est soldé par la mort de sept miliciens, dont trois de leurs chefs, Issa Kapi, Abdoul Danda et Abdel Abdoul.

Le groupe d'autodéfense a perdu trois de ses hommes dans la même bataille, un bilan confirmé par la police centrafricaine, qui a dénombré une vingtaine de blessés.

Lundi matin, le calme régnait au PK5, où les casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) ont mené des patrouilles.

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