Burundi : les exigences de l'UA à l'UE.

L'Union africaine a appelé l'Union européenne à revoir sa décision de payer directement les soldats burundais déployés en Somalie sans passer par Bujumbura.

Copyright de l’image Reuters
Image caption Avec 5.400 soldats, le contingent burundais est le 2è de l'Amisom, derrière l'Ouganda

Pour l'Union européenne, cette mesure vise à accentuer la pression sur le régime burundais en évitant qu'il n'utilise cet argent à d'autres fins."Nous rejetons fermement la récente décision de l'UE de différencier la procédure de paiement du contingent des forces burundaises déployées en Somalie", a indiqué l'UA dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion vendredi soir à Addis Abeba de son Comité de coordination des opérations militaires.

L'Union africaine a salué "les sacrifices réalisés par les forces sur le terrain et encourage l'UE à réfléchir d'urgence à une manière d'inverser une décision qui pourrait avoir des conséquences lourdes et négatives sur les opérations de

l'Amisom ainsi que sur les avancées sécuritaires réalisées en Somalie", notamment à l'approche des élections.

La réunion rassemblait en particulier les chefs d'état-major des pays contributeurs de troupes à la mission de l'UA en Somalie (Amisom), dont le général burundais Prime Niyongabo, qui vient d'achever une tournée chez ses partenaires pour gagner leur soutien sur la question.

Avec 5.400 soldats, le contingent burundais est le 2è de l'Amisom, derrière l'Ouganda. Déployée pour lutter contre les islamistes shebab ayant juré la perte du gouvernement central, l'Amisom est forte de plus de 22.000 hommes, dont les salaires sont financés par l'UE.

Or, l'UE n'a pas versé à Bujumbura, et ce depuis de nombreux mois, les 5 millions d'euros mensuels destinés à payer les soldats burundais en Somalie. Selon une source diplomatique européenne, ces fonds seront engagés par l'UE dès que l'UA aura trouvé un moyen de payer ces militaires sans passer par Bujumbura. L'UE souhaite accentuer sa pression sur un pouvoir burundais qui refuse tout dialogue avec l'opposition et est asphyxié économiquement par des sanctions internationales.

Lire plus