Soudan du Sud : l'embargo sur les armes fait débat

l'ambassadeur du Soudan du Sud auprès des Nations unies, Joseph Moum Malok, a, lui, jugé la proposition américaine "totalement inacceptable". Copyright de l’image ASHLEY HAMER
Image caption l'ambassadeur du Soudan du Sud auprès des Nations unies, Joseph Moum Malok, a, lui, jugé la proposition américaine "totalement inacceptable".

Washington propose un embargo sur les armes, Moscou et Pékin rejettent l'idée.

Ces deux pays pourraient utiliser leur droit de veto pour bloquer l'initiative américaine soutenue par le Royaume-Uni et la France.

Selon Samantha Power, l'ambassadrice à l'ONU des Etats-Unis, 13 000 casques bleus de la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss) sont dans l'incapacité d'empêcher un génocide. Elle a cité le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

De plus, le gouvernement sud-soudanais "s'oppose au déploiement" d'une force africaine de protection de 4.000 hommes qui pourrait les épauler.

"Tous ces ingrédients créent un climat propice à des atrocités de masse", a conclu Mme Power, en rappelant que l'ONU avait échoué à empêcher des massacres à Srebrenica, en Bosnie, et au Rwanda.

En revanche, pour le représentant adjoint russe Piotr Ilitchev, imposer un embargo aux dirigeants sud-soudanais, "serait le comble de l'irresponsabilité en ce moment", alors que les discussions avec Juba sur le déploiement de la force de protection régionale "font des progrès".

De l'aveu même des experts de l'ONU, l'embargo sur les armes imposé au pays par les Européens "ne marche pas et les voisins de Juba sont trop divisés pour que des sanctions soient efficaces

L'ambassadeur chinois Wu Haito, n'a quant à lui fait aucune allusion à un embargo mais a affirmé que le Conseil devait "se montrer prudent avec les sanctions, pour éviter de compliquer la situation".

Enfin, l'ambassadeur du Soudan du Sud auprès des Nations unies, Joseph Moum Malok, a, lui, jugé la proposition américaine "totalement inacceptable". Les autorités de Juba font face "à une rébellion armée tentant de renverser le gouvernement" et ne peuvent pas être privées des moyens de se défendre, a-t-il dit.