RDC : "pas de signature avant Noël"

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Image caption Les médiateurs de la CENCO supervisent depuis le 8 décembre le dialogue "de la dernière chance"

La signature de l'accord politique en République Démocratique du Congo n'aura pas lieu aujourd'hui, comme annoncé.

"C'est illusoire de penser à une signature aujourd'hui" (vendredi), a déclaré un membre de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), qui assure la médiation des négociations directes, entre majorité et opposition.

Mais, "la signature pourrait intervenir entre Noël et le Nouvel An" a précisé cette même source.

Ces pourparlers se tiennent à Kinshasa depuis le 8 décembre, mais ont été suspendus à plusieurs reprises.

Les ecclésiastes avaient pourtant annoncé la signature imminente de cet accord de sortie de la crise, déclenchée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le mandat a expiré le 20 décembre.

Deux points de blocage

Les tractations buteraient encore sur deux points, d'après la Cenco, à savoir, la question de la composition de la commission chargée d'organiser les élections et celle du partage des rôles au sein du gouvernement de transition.

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Image caption Le président Joseph Kabila est au pouvoir depuis janvier 2001

La signature était attendue pour ce vendredi

Jeudi, la délégation de l'opposition s'était félicitée des avancées du dialogue et évoqué un consensus.

"Le président a fait suffisamment de concessions, l'accord sera signé vendredi", avait pour sa part déclaré Lumanu Mulenda, négociateur de la majorité présidentielle.

Cet accord prévoit l'instauration d'une transition politique pacifique et l'organisation de l'élection présidentielle, qui aurait dû être organisée cette année, avant la fin de l'année 2017.

Le président Kabila ne pourra pas briguer un troisième mandat, selon cet accord, qui inclut également la création d'un Conseil national de transition.

Pour sa part, l'opposition, qui exigeait le départ immédiat du président Kabila, accepterait le principe du maintien au pouvoir du Chef de l'état jusqu'à l'élection de son successeur élu.

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Image caption Au moins 19 personnes sont mortes et des dizaines d'autres ont été blessées les 19 et 20 décembre

En attendant l'aboutissement de ce dialogue dit « de la dernière chance », le climat reste tendu dans plusieurs villes du pays.

Au moins 19 personnes ont perdu la vie et des dizaines d'autres ont été blessées dans des affrontements, en début de semaine, entre forces de l'ordre et des manifestants qui réclamaient le départ du président Joseph Kabila.

La police a également procédé ces derniers jours à plusieurs interpellations, notamment de membres de l'opposition et de militants du mouvement "Lutte pour le changement" (Lucha).