Les Gambiens tenus en haleine

Toutes les activités étaient à l'arrêt essentiellement à cause d'une éventuelle intervention militaire.
Image caption Toutes les activités étaient à l'arrêt essentiellement à cause d'une éventuelle intervention militaire.

La plupart des Gambiens sont restés cloitrés chez eux et essayaient de suivre un moment historique pour leur pays.

De notre correspondant, Claude Foly à Banjul.

Les forces de sécurité se sont faites discrètes, ce jeudi. Les points de contrôle, dont certains avaient été renforcés depuis l'État d'urgence, comptaient moins d'agents que d'habitude. A un point de contrôle, un des soldats se disait confiant, l'air serein : « Tout va bien. Nous n'allons pas laisser un homme détruire tout le pays à lui tout seul. »

Banjul et ses environs avaient les yeux et les oreilles tournés vers Dakar, la capitale sénégalaise, pour suivre l'investiture d'Adama Barrow, président-élu. Certaines personnes ont pu capter des chaines radio ou télé sénégalaises, en particulier une grande télévision privée sénégalaise, qui assurait la couverture en direct. D'autres faisaient le tour de divers sites web et des réseaux sociaux.

Peu avant le début de la cérémonie, où notre envoyé spécial a pu rencontrer Sidi Ndiaye, ministre de l'information du gouvernement du président sortant. Il disait ne pas s'inquiéter de la mobilisation des troupes régionales et considérait que l'investiture de Barrow est « un non-évènement ».

D'une localité à l'autre de la côte gambienne, toutes les rues étaient vides. Les boutiques et les marchés étaient fermées, de Serekunda à Banjul, en passant par Sukuta, Brufut, Bakau ou encore Lamin. Le rideau de fer de certains magasins de la capitale gambienne a même été soudé, par crainte de pillages.

Au cœur de Banjul, un des rares résidents que l'équipe de la BBC a croisé racontait qu'il était resté parce qu'il ne pouvait pas laisser sa maison vide après le départ de sa femme et de ses enfants. Il disait attendre impatiemment que le président sortant quitte le pouvoir.

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