Cameroun: Boko Haram traqué par les villageois

Des chasseurs de la localité de Yola, au Nigeria non loin du Cameroun, appuient l'armée dans la lutte contre Boko Haram Copyright de l’image Getty Images
Image caption Des chasseurs de la localité de Yola, au Nigeria non loin du Cameroun, appuient l'armée dans la lutte contre Boko Haram (Illustration)

Des habitants de la ville de Kolofata, nord du Cameroun près du Nigeria, ont constitué des "groupes d'auto-défense" pour faire face à Boko Haram.

Avec des armes de fabrication artisanale, les comités de vigilence surveillent les entrées de la ville pour parer à d'éventuelles attaques des membres du groupe djihadiste.

Ces vigiles qui se battent bénévolement au péril de leur vie ont mis en place cinq barrages qui fonctionnent nuit et jour.

"Nous fouillons tous ceux qui arrivent de Kerawa", Kassala Mahamat, explique le chef de l'équipe du premier poste de contrôle.

Selon lui, ses éléments tirent sur tout kamikaze qui veut avancer.

"Nous demandons généralement aux gens de s'arrêter à 50 mètres et de soulever leurs vêtements afin que nous vérifions s'ils ne portent pas d'explosifs", assure-t-il.

L'efficacité des comités de vigilance

"Il y a moins d'un mois, nous avons tué le chef local de Boko Haram à Kerawa", avance Ali Dourtou, responsable du comité de vigilance de cette ville.

"Nous l'avons enterré après l'identification du corps par le BIR", le bataillon d'intervention rapide de l'armée camerounaise, en première ligne dans la lutte contre Boko Haram.

Depuis leur création, les groupes d'auto-défense, qui partagent leurs renseignements avec l'armée, ont permis de déjouer plusieurs attentats-suicides dans cette localité.

Mieux, toujours selon M. Mahamat, les populations ont neutralisé "onze kamikazes". Armés de fusils artisanaux et de machettes, elles traquent parfois les djihadistes jusqu'en territoire nigérian.

En juillet 2014, une colonne de plus de 100 militants de Boko Haram était partie de Kerawa pour attaquer Kolofata, enlevant l'épouse d'un vice-Premier ministre camerounais, Amadou Ali, et seize autres personnes, dont un notable.

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