Dacca : Des marées de sang pendant l’Aïd

Le sang d'animaux sacrifiés pour la célébration de l'Aïd (fête musulmane) dans les rue de Dakha, la capitale du Bangladesh Copyright de l’image SYFUL ISLAM RONY/PROTHOM AL
Image caption Le sang d'animaux sacrifiés pour la célébration de l'Aïd (fête musulmane) dans les rue de Dakha, la capitale du Bangladesh

Le sang provient d'animaux sacrifiés pour la célébration de l'Aïd. Celui-ci a été mélangé aux eaux de crues dans certains endroits de la capitale du Bangladesh.

Pourquoi cela arrive-t-il?

Près de 100 000 animaux ont été sacrifiés à Dacca cette année, principalement dans les rues ou dans les garages souterrains des bâtiments résidentiels.

Au même moment, il y a eu de fortes pluies de mousson, surtout ce mardi, inondant de nombreuses parties de la ville.

Les inondations ont longtemps été un problème dans les parties les plus anciennes de la ville avec des systèmes de drainage défaillants.

Dans la banlieue de Shantinagar et d'autres endroits, le sang et les déchets des animaux combinés avec les inondations ont créé des scènes hors du commun : les résidents pataugent jusqu'aux chevilles dans l'eau sanglante.

Les inondations et le sacrifice annuel du bétail sont des événements récurrents à Dacca, ce qui explique la raison pour laquelle la plupart des habitants ne sont pas choqués par ces marées de sang.

Pourquoi les animaux sont abattus ?

L'Aid al -Adha, la deuxième plus grande fête de l'année pour les musulmans après l'Aïd al- Fitr, commémore le sacrifice du prophète Abraham.

Des chèvres et des vaches sont achetées sur les marchés par des familles musulmanes. Ces animaux sont abattus afin de remercier Allah d'avoir épargné Ismaël, le fils d'Abraham. Avant le sacrifice, un imam lit des versets du Coran.

La viande est partagée entre la famille, les amis et les nécessiteux tandis que les abats sont jetés.

Est-ce arrivé avant ?

Presque chaque année, il y a une certaine quantité de sang dans les rues provenant des abattages qui disparait au bout de quelques jours.

Mais les fortes pluies de cette année ont accentué le phénomène donnant l'impression que les rues sont inondées de sang.

Les photos ont été partagées sur les médias sociaux. Certains des internautes ont critiqué la pratique de l'abattage rituel des animaux.

D'autres ont défendu la coutume en disant que c'était un devoir religieux qui permettait également de faire vivre des agriculteurs qui vendent le bétail. De plus, la viande est partagée avec les plus pauvres.

Que disent les autorités ?

De nombreux habitants ont critiqué les agents municipaux pour le système de drainage défectueux, qui a longtemps été un problème dans certains endroits.

De leur côté, les responsables municipaux ont déclaré qu'il y avait eu des zones spécialement dédiées à l'abattage mais que cela a été ignoré.

Toutefois, certains habitants de Dacca ont dit qu'il n'y avait pas eu assez de campagne de sensibilisation pour faire connaître ces endroits spécifiques. D'autres ont dit qu'ils ne pouvaient pas y accéder à cause de la pluie.

Un responsable de la société chargée de la gestion des déchets a déclaré au journal Dhaka Tribune qu'ils travaillaient pour résoudre le problème des inondations.