Hillary Clinton : les causes d'une défaite

Nick Bryant, correspondant de la BBC à New York (texte traduit de l'anglais par BBC Afrique)

Le sexisme a sans doute joué un rôle dans sa défaite, avec le refus de nombreux électeurs de voir un visage féminin à la présidence américaine. Copyright de l’image Getty Images
Image caption Le sexisme a sans doute joué un rôle dans sa défaite, avec le refus de nombreux électeurs de voir un visage féminin à la présidence américaine.

Cette élection, certainement la plus surprenante de l'histoire américaine, était une révolte contre l'establishment politique.

Et peu de gens personnifient l'establishment politique autant qu'Hillary Clinton. Au cours de cette campagne, pour des millions d'électeurs en colère, elle était le miroir brisé de la politique américaine.

Donald Trump a réussi à persuader suffisamment d'électeurs que sa candidature était la solution à leurs problèmes…

Constamment, Hillary Clinton a affirmé qu'elle était le candidat le plus qualifié pour le poste. Constamment, elle récitait son curriculum vitae, parlait de son expérience de Première Dame, de sénatrice élue de l'Etat de New York ou de secrétaire d'État.

Mais dans cette folle élection où il y avait tant de rage et de mécontentement, les partisans de Donald Trump ont considéré l'expérience et les compétences politiques comme de gros impairs.

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Image caption Cette défaite n'est pas seulement un rejet d'Hillary Clinton, c'est aussi un rejet de la politique de Barack Obama.

Beaucoup de mes interlocuteurs durant cette campagne électorale disaient qu'ils préféraient un homme d'affaires à la Maison Blanche à un politicien de carrière. Leur haine pour les autorités de Washington était palpable.

Donc Hillary Clinton était à l'origine de leur haine, qui était viscérale. Je me rappelle bien avoir parlé à une femme d'âge moyen, dans le Tennessee, qui suintait le charme des gens du sud. On ne pouvait être plus poli qu'elle. Mais lorsqu'on a parlé d'Hillary Clinton, elle a changé d'attitude.

Hillary Clinton a longtemps eu un problème de confiance, comme l'atteste le grand scandale sur ses e-mails. Elle a eu un problème avec l'authenticité. Elle était considérée comme la grande prêtresse de l'élite de la côte-est des Etats-Unis, qui s'est moquée des travailleurs.

Les richesses que les Clinton ont accumulées depuis leur départ de la Maison Blanche n'ont pas été un atout pour elle… Elles ont exacerbé les problèmes de Mme Clinton avec les électeurs de la classe ouvrière…

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Image caption Le slogan de campagne d'Hillary Clinton - "Soyons plus forts ensemble" - n'a jamais été aussi accrocheur que le "Rendons à l'Amérique sa grandeur" de Donald Trump.

Dans un pays où les femmes votent plus que les hommes, on a pensé que son genre lui donnerait un avantage majeur…

Mais beaucoup de femmes se souviennent des remarques désobligeantes qu'Hillary Clinton a faites quand elle était Première Dame, en disant qu'elle n'entendait pas rester à la maison pour faire des biscuits.

Lorsque Donald Trump l'a accusée d'avoir permis à son mari de s'attaquer aux femmes affirmant que Bill Clinton les a molestées, de nombreuses Américaines étaient aux anges.

Le sexisme a sans doute joué un rôle dans sa défaite, avec le refus de nombreux électeurs de voir un visage féminin à la présidence américaine.

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Image caption Des partisans d'Hillary Clinton, ce 9 novembre 2016, à New York, lors de l'annonce des résultats

En plus, il est toujours difficile pour un parti de remporter trois mandats successifs à l'élection présidentielle américaine. Les démocrates ne sont plus parvenus à le faire depuis les années 40.

Et les Clinton sont sources d'ennuis pour les électeurs. Les discours de Hillary Clinton sont souvent plats et un peu robotiques...

Elle partageait difficilement sa vision de l'Amérique. Son slogan de campagne, "Soyons plus forts ensemble", n'a jamais été aussi accrocheur que le "Rendons à l'Amérique sa grandeur", de Donald Trump.

Sa campagne a également été truffée d'erreurs tactiques… Cette défaite n'est pas seulement un rejet d'Hillary Clinton, c'est aussi un rejet de la politique de Barack Obama.

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