Elle a demandé à être gelée, afin de ressusciter

La cryogénie donne l'espoir que les générations futures trouveront un moyen de ramener les morts à la vie, mais il n'y a aucune garantie. Copyright de l’image VICTOR HABBICK VISIONS/SCIENCE PHOTO LIBRARY
Image caption La cryogénie donne l'espoir que les générations futures trouveront un moyen de ramener les morts à la vie, mais il n'y a aucune garantie.

Une fille de 14 ans avait souhaité que son corps soit congelé à sa mort, afin d'être soigné à l'avenir.

Elle a obtenu gain de cause au terme d'une procédure judiciaire menée à la suite de son vœu, puisque, à la suite de son décès survenu en octobre dernier, son corps a été emmené aux États-Unis pour les besoins d'une congélation.

Arrivera-t-on un jour, par la congélation du corps des êtres humains, à leur permettre de vivre à nouveau après la mort, à les ressusciter ?

La congélation du corps, en vue de sa préservation, doit se faire le plus vite possible après la mort, afin d'empêcher les cellules du cerveau surtout de se désintégrer par un manque d'oxygène.

Pour ce faire, le corps est placé dans un bain de glace, ce qui réduit lentement la température. La congélation complète a lieu plus tard.

Ensuite commence le plus important du travail, qui consiste à prélever le sang et à injecter le corps de produits chimiques connus sous le nom de "liquides cryoprotecteurs", qui empêche la formation de cristaux de glace dans les organes et les tissus du corps.

Cette étape de la congélation du corps est fondamentale, car au fur et à mesure que la glace se dilate et occupe plus d'espace que l'eau, elle peut détruire les parois cellulaires, faute de contrôle.

Le corps est ensuite refroidi à l'azote liquide, à une température de -196 degrés Celcius. Il est ensuite conservé dans un sac de couchage.

Où pratique-t-on la congélation des corps ?

Seuls deux pays dans le monde ont la technologie nécessaire à cette pratique : les États-Unis et la Russie.

Environ 150 personnes ont eu leur corps entier conservé dans de l'azote liquide aux États-Unis, où les cerveaux de 80 autres ont été conservés.

La congélation d'un corps entier peut coûter jusqu'à 160 000 dollars US, et quand il s'agit de la tête seulement, cela peut coûter environ 64 000 dollars.

Les militants de cette pratique affirment qu'il y a trois raisons d'être optimistes pour son avenir.

Tout d'abord, bien qu'il faille attendre qu'un patient soit légalement déclaré mort avant d'être congelé, ils estiment que les dommages du cerveau peuvent être réduits. Pour ce faire, il faut que les niveaux d'oxygène soient contrôlés.

Une percée majeure a été réalisée en 2015 lorsque le cerveau d'un lapin a été préservé par injection de "liquides cryoprotecteurs", qui ont permis de garder intactes ses cellules. Mais le lapin était encore en vie au moment de l'injection, qui lui a été fatale.

Comprendre de manière détaillée comment fonctionne le cerveau

Deuxièmement, le fait de refroidir un corps à une température suffisamment basse ralentit suffisamment les processus chimiques dans les cellules et les tissus, ce qui empêche toute dégradation ultérieure du corps.

Enfin, même si des dommages sont inévitablement subis par le corps, par refroidissement, les défenseurs de la pratique de la congélation des corps espèrent que les nanotechnologies futures pourront être en mesure de les réparer. Et ce, malgré la maladie ou le vieillissement que ce corps ait subi.

Les principales difficultés se trouvent au niveau des cellules. Autrement dit, le processus cryogénique est extrêmement dommageable pour elles.

"Une cellule humaine a environ 50 000 protéines et des centaines de millions de molécules graisseuses, qui composent les membranes. La cryoconservation les perturbe", a expliqué le biochimiste Ken Storey, de l'Université Carleton, à Ottawa (Canada).

Une compréhension beaucoup plus détaillée de la façon dont fonctionne le cerveau serait également essentielle, pour savoir ce qui aurait besoin d'être réparé.

Le neuroscientifique Martin Ingvar, de l'Institut Karolinska, à Stockholm (Suède), a déclaré que "les propriétés du réseau cervical sont inégales".

Certaines d'entre elles sont cruciales, tel n'est pas le cas des autres, selon le docteur Ingvar.

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