Syrie: au cœur de la guerre de l'eau

L'approvisionnement en eau de Damas a été considérablement réduit Copyright de l’image EPA
Image caption L'approvisionnement en eau de Damas a été considérablement réduit

Le tournant du conflit Syrien, qui va durer six ans en mars prochain, a récemment pris la forme d'une guerre autour de l'eau. C'est l'analyse faite à la BBC par Diana Darke, experte culturelle du Moyen-Orient.

"L'approvisionnement en eau potable de quelque 5 millions d'habitants de la capitale syrienne a été coupé le 23 décembre par l'Autorité de régulation de l'eau de Damas, qui affirme que les rebelles ont contaminé le liquide précieux par du diesel", dit-elle.

"Ce que ces derniers ont nié, disant que ce sont les bombardements du gouvernement qui ont endommagé l'infrastructure", poursuit-elle.

Selon elle, "la source d'eau historique d'Ain al-Fijeh se trouve dans la vallée de Wadi Barada, à 18 km au nord-ouest de la capitale, où un groupe de 10 villages est sous contrôle des rebelles depuis 2012".

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Image caption Un système d'aqueduc romain existe toujours le long de la rivière

"Les populations locales se sont jointes à la révolution dès le début pour protester contre la négligence du gouvernement, la corruption et les prises de terre rendues légales par de nouvelles mesures foncières de l'État", renseigne-t-elle.

"Des versants entiers de collines ont été réquisitionnés pour les clubs sportifs et les hôtels de luxe", soutient l'experte.

"Le 22 décembre dernier, le gouvernement d'Assad, utilisant des bombes en barils larguées d'hélicoptères appuyés au sol par des miliciens libanais chiites du Hezbollah, avait entamé une campagne pour prendre le contrôle de la vallée et des sources stratégiques", souligne-t-elle.

C'était quelques jours seulement avant l'annonce du cessez-le-feu, négocié par la Russie et la Turquie le 29 décembre.

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