Le député populiste néerlandais Geert Wilders parle de "racaille marocaine"

Dutch politician and leader of the Party for Freedom (PVV) Geert Wilders joins with members of the public to be photographed together in the center of Spijkenisse, The Netherlands, 18 February 2017 Copyright de l’image EPA
Image caption Wilder cherchant à imiter Donald Trump est néanmoins en baisse dans les sondages.

Le populiste Néerlandais Geert Wilders a lancé sa campagne pour les élections législatives en s'en prenant aux marocains vivant dans le pays, les traitant de "racaille".

M. Wilders est en tête des sondages concernant les élections législatives du 15 mars, mais a vu son écart se réduire ces dernières semaines.

Il a promis d'interdire l'immigration des personnes musulmanes et la fermeture des mosquées s'il venait à gagner.

Cette invective interviennent deux mois après qu'il ait été condamné par le tribunal pour ses discours haineux s'agissant de sa promesse de réduire le nombre de Marocains dans le pays.

Geert Wilders s'est adressé à ses partisans samedi lors d'un meeting particulièrement sécurisé, dans le fief de Spijkenisse, une localité diversifiée en terme d'ethnie près de Rotterdam.

"Il y a beaucoup de racailles marocaines en Hollande qui rendent les rues dangereuses", a-t-il déclaré. "Si vous voulez regagner votre pays, rendre les Pays-Bas aux Hollandais, alors vous ne pouvez que voter pour notre parti."

Il a tout de même souligné que les marocains ne sont "pas tous des racailles".

Selon le recensement de 2011, il y avait plus de 167 000 résidents marocains aux Pays-Bas, constituant le troisième groupe de résidents hors UE. Un chiffre qui ne tient pas compte des Marocains de deuxième ou de troisième génération.

Quelques dizaines de partisans de Geert Wilders se sont retrouvés à Spijkenisse samedi matin, tout comme un petit groupe de manifestants.

"Les choses qu'il promet de faire sont très effrayantes", a déclaré à l'Associated Press une des manifestantes.

"Beaucoup de gens s'y sont habitués et ils ne protestent plus. Je pense qu'il est important que les gens donnent de la voix, qu'il montrent qu'ils sont en désaccord avec ce qu'il se passe. Il s'agit aussi de rencontrer des gens qui votent pour lui. "

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Le Parti de la Liberté (PVV) de Geert Wilders détient 12 des 150 sièges à la Chambre basse du Parlement. Mais son rival le plus proche, le Premier ministre de droite Mark Rutte, a rétréci l'écart à un mois des élections législatives.

Anna Holligan, correspondante de la BBC, à La Haye, estime que la prise de position pro-Trump adopté par M. Wilders semble se retourner contre lui, étant donné que beaucoup d'électeurs hollandais estiment que M. Trump est une mauvaise chose pour la stabilité mondiale.

Même si M. Wilders venait à gagner, il aurait toutes les difficultés du monde à mettre en place une coalition puisque les principaux partis ont déjà fait part de leur refus de collaborer avec lui.

Une mise à l'épreuve de trois semaines a été émise par le tribunal envers Geert Wilders l'an dernière après le dépôt de 6 400 plaintes concernant des propos qu'il avait tenus lors de la campagne pour les élections municipales à La Haye.

Lors d'un rassemblement, il a demandé aux partisans s'ils voulaient "plus ou moins de Marocains dans [les] villes et aux Pays-Bas".

Quand la foule a scandé "Moins, moins!", M. Wilders a répondu en souriant : "Nous allons nous occuper de cela."

Au procès, les procureurs ont fait témoigné à la barre des Néerlandais-Marocains qui ont déclaré que ces déclarations faisaient d'eux des "citoyens de seconde zone". Il a été reconnu coupable d'insulte envers une communauté et incitation à la discrimination.