Diaryatou Bah: "l'excision est un cri que l'on n'oublie jamais"

Excisée à 8 ans en Guinée, mariée de force à 13 ans, Diaryatou Bah milite contre les mutilations sexuelles Copyright de l’image Getty Images
Image caption Excisée à 8 ans en Guinée, mariée de force à 13 ans, Diaryatou Bah milite contre les mutilations sexuelles

Excisée à 8 ans en Guinée, mariée de force à 13 ans, Diaryatou Bah milite contre les mutilations sexuelles et appelle les hommes à témoigner.

Employée en France dans une association qui vient en aide aux exclus et aux femmes en fragilité, Diaryatou Bah sort en 2006 un livre intitulé "On m'a volé mon enfance" pour dénoncer la pratique de l'excision.

Elle est aujourd'hui engagée à alerter sur les risques encourus par les adolescentes qui passent les vacances dans le pays d'origine de leurs parents. Elle partage sa douloureuse expérience.

"On m'a demandé de suivre une femme dans une pièce et on m'a vêtue d'un simple pagne. Personne ne m'a dit ce qui allait se passer, on m'a tenu les bras, les jambes et j'ai été excisée", raconte cette femme de 31 ans à l'AFP.

"Le cri de l'excision, c'est un cri de douleur qu'on ne peut jamais oublier", poursuit Diaryatou, arrivée en France à l'âge de 17 ans.

L'ambassadrice de la campagne de prévention baptisée "Excision, parlons-en!" rappelle qu'à l'époque, dans son village, "si une fille n'était pas excisée, ce n'était pas normal".

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Image caption Des enfants témoignent sur l'excision dans une école en Somalie (illustration)

"Enfance volée"

Mariée à 13 ans et demi à un polygame de 30 ans son aîné, elle quitte son pays pour rejoindre ce quasi-inconnu aux Pays-Bas.

Lorsqu'elle a 17 ans, le couple s'installe près de Paris.

Souvent laissée seule et sans argent pendant que son mari rejoint d'autres épouses, elle se sent enfermée. "Je ne parlais pas français, je n'avais jamais pris le métro, je n'avais pas de papiers, j'étais coupée du monde", témoigne-t-elle.

Un soir, après quatre ans de vie conjugale qui lui en ont "paru quarante", elle tombe sur une émission où témoignent des femmes victimes de violences. A 17 ans, devant son écran, elle note le mot "assistante sociale" pour pouvoir "sortir de l'enfermement".

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Pour une implication des hommes

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Image caption Discussions communautaires sur l'excision menées en février 2014 dans un village en Somalie (illustration)

Prise en charge par l'Aide sociale à l'enfance, elle est installée dans un foyer de jeunes travailleurs, apprend le français et est suivie par une association et une psychologue.

"C'est un témoignage de femme qui m'a sauvée. Ce que je veux c'est transmettre à mon tour", dit Diaryatou qui tient à impliquer les hommes dans son combat.

Selon elle, les hommes "aussi doivent s'engager en racontant ce que c'est d'être avec une femme qui a été excisée, qui n'a pas de plaisir et qui ne connait pas son corps".

En 2016, l'ONU Femmes dénombrait 200 millions de filles et de femmes ayant subi une forme de mutilation génitale dans les pays les plus concernés dont 27 pays africains et aussi le Yémen, l'Irak et l'Indonésie.

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