Les Etats-Unis veulent poursuivre Wikileaks

Le site web Wikileaks
Image caption Le site web Wikileaks qui met la diplomatie américaine à nu

L’Administration Obama envisage de poursuivre le patron de Wikileaks, Julian Assange, sur la base des lois américaines contre l’espionnage. Le site internet a publié des milliers de courriers confidentiels de la diplomatie américaine.

Le journal américain le Washington Post donne l’information, citant des responsables américains qui s’expriment sous couvert de l’anonymat.

Un élu du Congrès réclame l’inscription du site Internet sur la liste des organisations considérées comme terroristes par les Etats-Unis.

Le député Peter King, le Républicain de plus haut rang à siéger à la commission de la sécurité nationale, appelle la secrétaire d’Etat Hillary Clinton à placer Wikileaks sur la liste des organisations considérées comme terroristes par le Département d’Etat.

Poursuites possibles

Une telle mesure permettrait au gouvernement américain de saisir les avoirs de Wikileaks ou de Julian Assange et de presser d’autres individus ou d’autres entités à ne plus collaborer avec le site Internet.

Pour le moment, l’Administration Obama ne semble pas disposée à adopter ce type de représailles contre Wikileaks.

Mais le ministère américain de la Justice étudie la possibilité de poursuivre Julian Assange et d’autres individus reliés aux activités de Wikileaks sur la base de la loi américaine contre l’espionnage.

L’Administration Obama a d’ailleurs commencé à jeter des jalons dans cette voie.

Dimanche soir, Hillary Clinton a qualifié les révélations faites par Wikileaks d’ « illégales » et son collègue de la Justice Eric Holder a déclaré que « des crimes ont été commis » dans cette affaire et qu’une « enquête criminelle » est ouverte.

Le bras droit de Madame Clinton pour les questions juridiques, Harold Koh, a aussi envoyé une lettre à Julian Assange pour l’appeler à restituer les documents confidentiels américains.

Or, cet avertissement est nécessaire au titre de la loi contre l’espionnage qui s’applique en effet à des individus qui détiennent « délibérément » et « sans autorisation » du gouvernement américain des informations pouvant heurter les intérêts des Etats-Unis.

Les principaux obstacles à des poursuites pour espionnage sont de deux ordres.

Tout d’abord, Julian Assange n’est pas un citoyen américain et se trouve en dehors des Etats-Unis, tandis que la plupart des traités d’extradition font une exception pour les auteurs de délits politiques.

Par ailleurs, la Constitution des Etats-Unis protège la liberté d’expression, y compris celles des médias.

Dimanche soir , quand on lui a demandé si le gouvernement américain considère Wikileaks comme une organisation d’information au même titre qu’un journal ou une radio axé sur le journalisme, le ministre de la Justice s’est arrangé à ne pas répondre directement à la question.