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Tensions entre Paris et Ankara

Dernière mise à jour: 23 décembre, 2011 - 15:43 GMT
Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'une conférence de presse à Istamboul.

La Turquie a rappelé son ambassadeur après le vote d'une proposition de loi pénalisant la négation de génocide. Sans le dire le texte vise expressément le génocide arménien.

La tension diplomatique s'aggrave entre la Turquie et la France, après le vote par les députés d'une loi punissant la négation des génocides, y compris celui d'Arméniens sous l'empire ottoman en 1915 pendant la Première guerre mondiale.

Après avoir rappelé son ambassadeur à Paris, Ankara accuse aujourd'hui la France d'avoir elle aussi commis un génocide lors de la guerre d'Algérie.

«On estime que 15% de la population algérienne a été massacrée par les Français à partir de 1945. Il s'agit d'un génocide », a soutenu vendredi le Premier ministre turc lors d'une conférence de presse.

Recep Tayyip Erdogan faisait allusion à l'époque où l'Algérie était constituée de trois départements français, jusqu'à l'indépendance en 1962, acquise après une lutte armée de huit années.

Pendant longtemps, du côté français, pour évoquer ce conflit, officiellement on parlait pudiquement des évenements d'Algérie avant que l'expression ne soit remplacée à la fin des années 90, via une loi, par l'expression « guerre d'Algérie ».

Les relations entre Alger et Paris restent, elles, toujours compliquées

Le Premier ministre turc, en accusant Paris de génocide, appuie donc sur un point sensible, aussi sensible sans doute que le génocide des Arméniens que refusent de reconnaître les autorités turques.

Recep Tayyip Erdogan est même allé plus loin vendredi matin accusant le président Nicolas Sarkozy de jouer sur "la haine du musulman et du Turc" à des fins électoralistes, une allusion à la campagne présidentielle de l'an prochain.

On estime à 500 000 le nombre de Français descendant d'Arméniens.

Le chef de l'Etat a réagi en fin de matinée, répondant « « Je respecte les convictions de nos amis turcs, c'est un grand pays, une grande civilisation, ils doivent respecter les nôtres »

Hier, le ministre des affaires étrangères Alain Juppé, avait demandé à Ankara à ne pas "surréagir".

Il semble que pour l'instant il n'ait pas été entendu.

Ankara a annoncé le gel de la coopération politique et militaire entre les deux pays, tous deux membres de l'OTAN.

La Turquie est le cinquième partenaire commercial de la France, hors Union européenne.

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