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Morsi dénonce le régime syrien

Dernière mise à jour: 30 août, 2012 - 13:28 GMT

Mohamed Morsi (à droite) à Téhéran au du sommet des pays Non-Alignés, le 30 août 2012.

Le président égyptien Mohamed Morsi a dénoncé jeudi le "régime oppressif syrien qui a perdu sa légitimité", à l’ouverture du sommet des pays Non-Alignés à Téhéran en Iran, un allié clé de la Syrie.

Le discours a suscité les protestations de la délégation syrienne, qui s’est levée et a quitté la salle en plein discours. Selon Mohamed Morsi, "il y a aujourd'hui une révolution contre le régime tyrannique en Syrie".

Seule une "intervention efficace" extérieure permettra de mettre un terme au bain de sang en Syrie, a-t-il estimé.

"Les peuples palestinien et syrien veulent la liberté, la dignité et la justice", a dit Mohamed Morsi devant l'assemblée comprenant notamment les dirigeants iraniens, le Guide suprême Ali Khamenei et le président Mahmoud Ahmadinejad.

Mohamed Morsi est le premier dirigeant égyptien à se rendre en Iran depuis la révolution islamique de 1979.

Ses remarques ont fait l’effet d’une douche froide sur Téhéran, qui est le principal allié dans la région du régime de Bachar al-Assad, le président syrien.

Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a accusé Mohamed Morsi d'inciter à la "poursuite du bain de sang en Syrie".

Téhéran dénonce l’ONU

En ouverture du sommet des pays Non-Alignés, le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, a assuré que l'Iran "ne cherchera jamais à avoir l'arme atomique”, mais souhaite utiliser “l'énergie nucléaire à des fins pacifiques" en dépit des pressions et sanctions internationales.

Les Occidentaux et une partie de la communauté internationale soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert de son important programme nucléaire, qui a été condamné par six résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU dont quatre assorties de sanctions.

L'ayatollah Khamenei a dénoncé la "dictature" du Conseil de sécurité estimant que l'organisation a "une structure irrationnelle, injuste et totalement antidémocratique.”

L'ayatollah Ali Khamenei prononce son discours à l'ouverture du sommet, le 30 août 2012.

Téhéran veut utiliser ce sommet de deux jours pour redorer son image dans la région, et espère relancer l’organisation des Non-Alignés, datant de la guerre froide et largement assoupie, pour en faire un contrepoids aux grandes puissances et d'abord aux Etats-Unis.

Ban Ki-moon riposte

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon venu assister au sommet, malgré les critiques des Etats-Unis et d'Israël. Ban Ki-moon a appelé fermement Téhéran à "se conformer totalement" aux résolutions du Conseil de sécurité lui enjoignant de suspendre certaines activités controversées comme l'enrichissement d'uranium.

"Dans l'intérêt de la paix et de la sécurité (...) je demande instamment au gouvernement iranien de prendre les mesures nécessaires pour rétablir la confiance internationale dans le caractère exclusivement pacifique" du programme nucléaire, a-t-il ajouté. Faute de quoi, s'est-il inquiété, il y a un risque de voir ce dossier "dégénérer rapidement en spirale de violence", Israël n'ayant pas exclu de frapper les sites nucléaires iraniens si les sanctions se révélaient inefficaces tandis que l'Iran a menacé l'Etat hébreu d'annihilation en cas d'attaque.

Le secrétaire général de l'ONU a vigoureusement dénoncé au passage la rhétorique "raciste" du Guide iranien et du président Mahmoud Ahmadinejad -présents dans la salle- qui appellent régulièrement à la destruction d'Israël ou nient la réalité de l'Holocauste.

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