Violences anti-syriennes à Beyrouth

obsèques du général Hassan dans la mosquée Amine
Image caption Obsèques du général Hassan dans la mosquée Amine, place des Martyrs à Beyrouth.

Les obsèques dimanche à Beyrouth du général Wissam al-Hassan, tué dans un attentat, ont tourné en une manifestation violente contre le premier ministre, Najib Mikati, accusé par des opposants de couvrir ce "crime". La police a tiré en l'air et usé de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Des milliers de Libanais ont participé à la cérémonie religieuse à la mosquée Amine, dans le centre de la capitale, à la mémoire du général Wissam al-Hassan, chef des services de renseignements de la police et de son chauffeur, tués dans l'explosion d'une voiture piégée vendredi qui a fait 3 morts et plus de 190 blessés.

Le général Hassan a ensuite été inhumé dans le mausolée de Rafic Hariri, le premier ministre assassiné en 2005 qui fut son mentor, à la demande de son fils, Saad Hariri, le chef de l'opposition anti-syrienne.

A l'issue des obsèques, Fouad Siniora, le chef du bloc parlementaire d'opposition s'est adressé aux manifestants rassemblés sur la place des Martyrs, où étaient placardées des affiches géantes du général Hassan avec ces mots: "le martyr de la justice et de la vérité.

Fouad Siniora a nouvelle fois accusé le gouvernement d'être responsable du crime qui a tué le général et son chauffeur et demandé le départ du Premier ministre Najib Mikati.

Ce dernier avait présenté sa démission lors de la réunion du gouvernement samedi, mais le président Sleimane lui a demandé de rester à son poste pour le moment.

Deux cents jeunes ont marché vers le Sérail, siège des services du Premier ministre mais la police a lancé des grenades lacrymogènes et tiré en l'air quand ils ont voulu forcer les barrières de sécurité.

Les manifestants jetaient des pierres et des bâtons.

Saad Hariri, le leader de l'opposition qui vit hors du Liban, a lancé un appel au calme, affirmant vouloir "la chute du gouvernement mais de manière pacifique".

Certains font le lien entre l'attentat qui a coûté la vie au général Hassan et l'interpellation de l'ancien député Michel Samaha, partisan inconditionnel du régime de Damas.

Le général Hassan l'accusait d'avoir transporté des explosifs pour commettre des attentats afin de créer le chaos à l'instigation du chef des renseignements syriens, le général Ali Mamlouk.

"Les Syriens ne sont plus ici mais il y a des Libanais qui travaillent pour eux. Le gouvernement est responsable de ce qui s'est passé et nous voulons qu'il parte", a déclaré à un journaliste, une étudiante, Manal Charqawy, qui participait à la manifestation.