Romney, le candidat improbable

  • 23 octobre 2012
Image caption Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachusetts, avait déjà tenté en 2008 de briguer la Maison Blanche.

A 65 ans, Mitt Romney est en campagne présidentielle quasi permanente depuis des années. 2008 ne fut pas son heure. Mais dans le contexte actuel ici aux Etats-Unis, il apparait, à la fois, comme le candidat le plus improbable et le mieux équipé pour briguer la Maison Blanche au nom du parti républicain.

Isabelle Grimaldi, BBC Afrique, Washington

Improbable

Candidat improbable, Mitt Romney l'est pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il est Mormon, a été missionnaire, a même été évêque et responsable de diocèse dans cette Eglise d'inspiration chrétienne née au 19ème siècle aux Etats-Unis.

S'il était élu le 6 novembre, il deviendrait le premier président américain à appartenir à cette religion.

Or, le mormonisme est regardé avec scepticisme par environ 20% des Américains qui ne veulent pas de mormon à la Maison Blanche.

Le mormonisme est aussi considéré comme un culte dangereux par de nombreux chrétiens catholiques et protestants, en particulier par les Evangéliques qui forment aujourd'hui une bonne partie de la base républicaine.

Mitt Romney est un candidat républicain improbable pour d'autres raisons aussi.

Il s'est d'abord considéré comme indépendant, n'a rejoint le parti républicain que sur le tard, et en tant que modéré.

Gouverneur

Cet ancien gouverneur a même dirigé le Massachusetts, l'un des Etats de la fédération les plus à gauche.

Or, le parti républicain a, depuis plusieurs années, pris un tournant vers la droite, voire vers l'extrême-droite avec l'émergence de la mouvance du Tea Party.

Candidat improbable, Mitt Romney l'est aussi parce qu'il est un richissime dont la fortune, acquise par des investissements dans des entreprises souvent naissantes, est estimée à 250 millions de dollars.

Il possède au moins trois résidences aux Etats-Unis, au moins quatre voitures, dont deux Cadillac, et ses revenus sont en hausse.

Or, le patrimoine des Américains moyens a baissé au cours des dernières années, tandis que le fossé entre les riches et les autres se creusaient dans des proportions sans précédent.

Equipé

Cependant, Mitt Romney, issu de primaires républicaines particulièrement longues et disputées, est peut-être aussi le candidat républicain le mieux équipé pour briguer la présidence cette année.

Avec son expérience dans le secteur privé comme créateur et redresseur d'entreprises, son sauvetage des Jeux Olympiques d'Hiver de Salt Lake City de 2002 qui s'étaient enfoncés dans la dette et la corruption, il se présente comme l'homme de la situation dans un pays ou quelques 23 millions de personnes sont au chômage ou en sous-emploi et ou la dette publique dépasse désormais la somme astronomique de 16 mille milliards de dollars.

Candidat de l'extérieur

Bien qu'élevé par un père qui fut gouverneur du Michigan, candidat malheureux à la Maison Blanche et ministre du président Nixon, Mitt Romney n'a jamais frayé dans les milieux du pouvoir aà Washington et peut donc prétendre être un candidat de l'extérieur, à un moment ou les Américains sont fatigués des deux partis qui dominent leur vie politique.

Il en profite aussi pour prendre ses distances avec le dernier président républicain en date, George W. Bush, auquel Barack Obama essaie de l'associer. Mitt Romney critique certaines mesures adoptées par George Bush et prend soin de n'être jamais en sa présence.

Le candidat républicain se présente d'ailleurs, non pas comme un idéologue de style cowboy, mais comme un décideur de la côte-est qui sait résoudre les problèmes avec sang froid.

Déclin d'influence

Il affirme pouvoir créer 12 millions d'emplois en quatre ans aux Etats-Unis et veut rétablir la place des Etats-Unis dans le monde qui, selon lui, souffre aujourd'hui d'un « déclin d'influence ».

Il prône une Amérique puissante, veut augmenter le budget militaire, mais promet de n'utiliser la force armée qu'en dernier ressort.

S'appuyant sur son expérience dans le Massachusetts, M. Romney fait valoir que, mieux que le président Obama, il peut collaborer avec le parti d'en face et faire sortir le pays hors de l'impasse politique dans laquelle il se trouve, une impasse qui suscite la colère des electeurs.

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