USA : comprendre le système électoral

  • 24 octobre 2012
L'électeur américain vote pour un collège qui élit ensuite le président
Image caption L'électeur américain vote pour un collège qui élit ensuite le président

Le système électoral américain est celui d'un suffrage universel indirect, ce qui veut dire que les électeurs en se rendant aux urnes le 6 novembre designeront un collège électoral qui élira le président.

Isabelle Grimaldi, BBC Afrique, Washington

Dans un pays fédéral et décentralisé comme les Etats-Unis, le scrutin présidentiel est essentiellement une série de 50 élections locales.

Les suffrages exprimés sont comptés Etat par Etat.

Totalité

Dans chacun des 50 Etats de la fédération (sauf deux, le Maine et le Nebraska qui insèrent un peu de proportionnelle dans le système), le tandem président/vice-président qui arrive en tête remporte la totalité des sièges dont cet Etat dispose au collège électoral.

Normalement, le vote des grands électeurs, qui intervient après le scrutin populaire du 6 novembre, est sans surprise, puisque ces grands électeurs suivent la majorité du vote populaire qui s’exprime dans leur Etat respectif.

Au collège, le poids de chaque Etat dépend de sa population. Avec ses 37 millions d'habitants, l'Etat le plus peuplé des Etats-Unis qu'est la Californie est doté de 55 sièges.

Par contre, l'Alaska ne se voit attribuer que trois sièges, parce que, bien que plus importante que la Californie par sa superficie, l'Alaska ne compte qu'un peu plus de 722.000 habitants.

Sur la base du récensement décennal, un Etat peut perdre ou gagner des sièges au collège électoral, si sa population a récemment diminué ou augmenté.

La Floride pèse ainsi plus lourd au collège qu'en l'an 2000, en raison de sa croissance démographique.

270 grands électeurs

Au total, le collège comprend 538 grands électeurs. La majorité simple suffit pour accéder à la Maison Blanche et le candidat à la présidence a donc besoin des voix d'au moins 270 grands électeurs.

Normalement, le vote des grands électeurs est sans surprise, puisqu'ils suivent la majorité du vote populaire qui s'exprime dans leur Etat respectif.

Neanmoins, en cas de sprint serré entre les candidats, il n'est pas impossible que le résultat du scrutin au niveau national soit différent des résultats au niveau des Etats.

L'exemple le plus récent de ce cas de figure s'est présenté il y a douze ans, George Bush ayant perdu le vote populaire face à Al Gore, mais gagné au collège.

Jefferson

La majorité absolue n'étant pas exigée dans ce scrutin à un seul tour, il n'est pas non plus inconcevable de voir Barack Obama et Mitt Romney arriver à égalité.

Ce cas de figure s'est également produit: en 1800 cette fois, le vote populaire et le vote du collège n'avaient pas departagé Thomas Jefferson de son rival.

La Constitution avait été appliquée, et Jefferson n'avait pu rentrer à la Maison Blanche qu'apres trois tours de scrutin réservés aux seuls élus du Congrès.