Gaza: les enjeux d'un soutien international

Des chars israéliens

Israël a effectivement reçu le feu vert pour agir de la part de ses principaux alliés aux États-Unis et en Europe, qui ont largement tenu le Hamas pour responsable de la reprise des combats. Mais maintenant cette fenêtre ouverte est en train de se fermer.

Si Israël poursuit ses opérations aériennes, le nombre de victimes civiles va augmenter et le soutien diplomatique pour Israël va s’effriter.

Un week-end d’activités diplomatiques intenses impliquant l'Égypte, la Turquie et le Qatar n’a produit jusqu'ici que peu de résultats.

Mais à présent, l'objectif commun est d'essayer de mettre un terme à ce conflit avant qu'Israël ne déclenche une opération terrestre qui ne ferait qu’augmenter le nombre de victimes.

Le ministre britannique des affaires étrangères William Hague, a déclaré lundi à Bruxelles que le soutien international pour l'opération israélienne pourrait être menacé par l'utilisation de troupes au sol.

"Une invasion terrestre aurait difficilement la sympathie ou le soutien de la communauté internationale, y compris le Royaume-Uni", a-t-il déclaré

Objectifs atteints

En vérité, il y a peu d'enthousiasme en Israël - que ce soit dans le gouvernement ou parmi les hauts gradés - pour une incursion terrestre dans la bande de Gaza.

Les experts militaires israéliens estiment qu'une grande partie des objectifs militaires ont été atteints au cours des deux jours de l’opération baptisée « pilier de défense ».

Citation William Hague : Une invasion terrestre est beaucoup plus difficile pour la communauté internationale de soutenir "

Au fur et à mesure que la campagne militaire aérienne se poursuit, Israël perd de plus en plus de soutien.

L'augmentation du nombre de victimes civiles dans la bande de Gaza, et le changement du soutien international à Israël, pèse sans doute plus lourd que les avantages modestes en termes de destruction de roquettes supplémentaires ou des infrastructures du Hamas.

Il ne faut pas oublier que c'était l’actuel ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, qui, dans le même poste en 2008-009, avait voulu mettre un terme à la dernière importante incursion dans la bande de Gaza aussitôt après avoir été déclenchée.

Sa voix a été dominée par celles du Premier ministre de l’époque Ehud Olmert et le plus belliciste chef d'état-major.

Mais, en l'absence d'un règlement, avec les forces israéliennes massés à la frontière et prêt à l’offensive, une incursion terrestre ne peut toujours pas être écartée.

Mais alors quelle est la meilleure façon de parvenir à un arrêt des combats?

Tout accord destiné à mettre fin à cette crise sera informel - Israël et le Hamas ne vont pas s'asseoir ensemble et signer un bout de papier.

Les deux camps veulent sortir de cette crise avec quelque chose à montrer au public.

Pour les Israéliens, le but est l'arrêt des tirs de roquettes et l’obtention d'une longue période de calme. Cela signifie que le Hamas devra également faire plus d'efforts pour contrôler les groupes les plus radicaux qui cherchent à maintenir la lutte armée contre Israël.

Pour sa part, le Hamas veut également obtenir des avantages tangibles, qu'il s'agisse de l'ouverture des points de passage ou d'autres mesures visant à alléger ce que bon nombre de Palestiniens considèrent comme «l'état de siège» qui caractérise leur vie quotidienne.

Le Hamas lui-même pourrait le faire avec calme - au moins pour reconstruire son arsenal ruinée - et contrairement aux groupes les plus radicaux de son flanc, il a des responsabilités politiques.

La visite de Ban Ki Moon, une opportunité

La visite dans la région du Secrétaire général Ban Ki Moon, peut fournir un cadre dans lequel les éléments des discussions diplomatiques actuelles peuvent être insérés.

Sa visite constitue certainement une occasion pour les Israéliens de se retirer de l'abîme et peut-être mettre l’opération terrestre en attente.

Tout dépendra du nombre des tirs de roquettes depuis Gaza et de façon cruciale, des cibles touchés par ces roquettes.

Des tirs sur une zone peuplée de Tel-Aviv ou de Jérusalem pourraient presque certainement changer la donne.

Mais l'une des raisons pour laquelle la diplomatie n'a jusqu'à présent pas été en mesure de mettre un terme aux combats, c'est que le «câblage diplomatique» dans la région a considérablement changé.

L'absence de liens étroits entre Israël et la Turquie est un facteur. Mais plus important encore est le changement de gouvernement en Egypte - qui se montre plus favorable à certains égards, à la cause palestinienne et suspicieux par rapport à Israël.

Les moyens testés et utilisés et qui par le passé avaient permis d’atténuer les conflits ne fonctionnent plus tout à fait de la même manière.