Un compromis écarte le danger fiscal

  • 2 janvier 2013
Image caption Les représentants du Congrès americain sont parvenus à un accord cette nuit.

Après un bras de fer de dernière minute en pleines fêtes du nouvel An, le Congrès américain a finalement adopté mardi soir un plan qui permet d’éviter aux Etats-Unis de tomber de la redoutée “falaise budgétaire”.

La Chambre des Représentants, dominée par l’opposition républicaine a entériné le plan négocié, le soir du Réveillon, entre le Sénat et la Maison Blanche et approuvé par le Sénat le Jour du nouvel an.

C’est à une majorité écrasante et bipartite que la Chambre a approuvé le texte de compromis mardi soir.

257 députés ont voté pour et 167 s’y sont opposés. Si seulement 85 des 193 députés republicains ont soutenu l’accord, ce fut le cas du président de la Chambre John Boehner et de Paul Ryan, le co-listier de Mitt Romney pour la présidentielle.

A la première heure du premier jour de la nouvelle année, leurs collègues du Sénat avaient eux-aussi approuvé l’accord à une majorité écrasante et bipartite de 89 voix.

Mais ces majorités décisives ne rendent pas compte du mécontentement d’une bonne partie des élus du Congrés face à l’accord négocié par le vice-president Joe Biden et le chef de la minorité républicaine au Sénat.

Les élus républicains, notamment ceux de la mouvance ultra-conservatrice du Tea Party, reprochent au compromis d’augmenter les impôts sur les salaires de plus de 400.000 dollars alors qu’ils voulaient placer le seuil à plus d’un million de dollars.

Ils reprochent aussi a cet accord de ne pas inclure de mesures pour diminuer les dépenses de l’Etat, le déficit et la dette publique.

Beaucoup d’amis démocrates du Président Obama sont eux-aussi mécontents du compromis, mais pour d’autres raisons.

Ils reprochent à Barack Obama d’avoir laché trop de leste. Le chef de la Maison Blanche accepte en effet de limiter les hausses d’impôt aux salaires de plus de 400.000 dollars, au lieu du seuil de 250.000 dollars sur lequel il avait fait campagne lors de la présidentielle.

Il accepte aussi de rendre permanentes les baisses d’impôt pour les autres salariés décidés par son prédécesseur, George Bush, au lieu de maintenir leur caractère temporaire.

Ce mécontentement a empêché un vote au Sénat avant le Réveillon et a obligé les deux assemblées à tenir séance le Jour de l’An.

La plupart des insatisfaits sont néanmoins rentrés dans le rang au dernier moment, au nom de l’unité de leurs partis respectifs et pour éviter d’être accusés de précipiter le pays du haut de la « falaise fiscale».

L’accord trouvé par la Maison Blanche et le Congrès permet aux Etats-Unis d’éviter ce que les Américains appellent la « falaise fiscale» qui, en l’absence de ce compromis, aurait risqué de plonger le pays dans une nouvelle récession en instaurant de manière automatique des mesures comprenant plus de 600 milliards de hausse d’impôt et de coupes budgétaires.