Le prochain pape sera-t-il africain?

Une photo géante du pape Benoît XVI lors de son voyage au Bénin
Image caption Une photo géante du pape Benoît XVI lors de son voyage au Bénin en 2011.

Après l'annonce lundi de la démission de Benoît XVI, des voix s'élèvent pour demander qu'un Africain devienne le prochain Pape.

On compte 1,2 milliards de catholiques dont 15% environ viennent d'Afrique, le continent qui connait la plus forte progression démographique.

Les noms du Ghanéen Peter Turkson et du Nigérian John Onaiyekan ont déjà circulé, comme de possibles successeurs au pape.

Il est né il y a 64 ans à Nsuta-Wassaw. Il a étudié et enseigné à New York et Rome avant d'être nommé archevêque de Cape Coast en 1992.

Image caption Monseigneur Peter Turkson et le pape Jean-Paul II lui remettant le calotte rouge de cardinal en 2003.

On lui attribue des vues conservatrices sur l'avortement et la contraception.

Celui de celui de Francis Arinze, lui aussi nigérian avait déjà évoqué au moment de l'élection de Benoît XVI, mais il est maintenant âgé de 80 ans.

Il est né à Eziowelle au Nigerio dans une famille qui honorait les dieux Ibo mais l'envoya dans une école de missionnaires irlandais.

Il avait 32 ans quand il a été intronisé évêque en 1965. Deux ans plus tard il était nommé archevêque.

Il fut hué il y a une dizaine d'années lors d'une conférence à l'université de George Town pour avoir estimé que l'homosexualité était un péché comme l'adultère et le divorce.

Les avis sont partagés

"Je pense qu'avec la représentation de la communauté noire dans la grande communauté catholique, il est légitime qu'on en arrive à un pape noir", estime René Legré Hokou, président de la Ligue ivoirienne des droits de l'Homme.

"Un pape africain, ça pourrait donner plus de vitalité à l'Eglise catholique dans le monde noir, cela dénoterait du caractère universel de cette religion", ajoute-t-il.

Image caption Le cardinal Francis Arinze lors d'une visite à la basilique Notre-Dame de la Paix à Yamoussoukro.

L'économiste Pat Utomi, ancien candidat à la présidentielle admet qu'il serait "fier si un Africain était élu, "mais il faut mettre cela de côté", estime-t-il.

"Je pense que ce qui compte, c'est que ce soit la bonne personne, avec une vision qui corresponde à l'époque", dit-il.

"Jean-Paul II était une réponse à l'Union Soviétique", estime M. Utomi.

"D'une certaine façon, le défi de l'Eglise est de réussir à trouver (...) un terrain d'entente avec l'Islam et avec le mouvement pentecôtiste".

Les Africains ont adhéré en masse aux églises évangéliques, nombre d'entre eux considérant qu'elles sont plus en phase avec leurs préoccupations quotidiennes, ce qui pose un problème majeur à l'Eglise catholique, également en Amérique latine.

Pour des observateurs du Vatican, lors de la réunion du conclave, le critère de l'âge pourrait avoir son importance - Benoît VI, qui se retire à 85 ans en raison de son âge, pourrait demander aux cardinaux d'élire un pape plus jeune pour s'assurer qu'il pourra aller jusqu'au terme de son mandat.

Benoît XIV s'est rendu deux fois en Afrique, au Bénin, en 2011, et en Angola et au Cameroun en 2009.

"Je pense que nous devons remercier Dieu pour cet homme (...), pour la sollicitude dont il a fait preuve pour l'Eglise, en particulier en Afrique", estime l'Archevêque de Lagos Alfred Adewale Martins.

Pour le père polonais Stanislaw Skuza, recteur de la basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire,consacrée par Jean Paul II en 1990 et plus important sanctuaire chrétien d'Afrique, "pourquoi pas un prêtre non-occidental?"

"Le monde est actuellement multicolore", souligne-t-il.