Dernier Angelus de Benoît XVI

 Le pape Benoît XVI pour sa dernière prière avant sa démission historique.
Image caption Le pape Benoît XVI pour sa dernière prière avant sa démission historique.

Le pape Benoît XVI s'est adressé pour la dernière fois à la foule dimanche depuis sa fenêtre du Vatican avant sa démission historique.

C’est avec émotion que le pape Benoît XVI a expliqué les raisons qui l’ont poussé à quitter ses fonctions lors de son ultime prière de l'Angelus.

"Dieu m'a demandé de me dédier à la prière et la méditation", ce qui ne signifie pas "abandonner l'Eglise" a-t-il dit, interrompu à plusieurs reprises par les chaleureux applaudissements des 100.000 personnes rassemblées Place Saint-Pierre.

Fait exceptionnel avant une démission quasi unique au cours des 2.000 ans d'histoire de l'Eglise, le pape a évoqué sa propre personne et "ce moment de sa vie" avant l'Angelus.

"Si Dieu me demande cela, c'est justement pour que je puisse continuer à le servir avec la même intensité et le même amour, comme je l'ai fait jusqu'à présent, mais désormais d'une façon plus adaptée à mon âge à mes forces", a-t-il poursuivi, louant le ciel avec un sourire pour le retour d'un grand soleil après plusieurs jours de pluie.

Comme à l'accoutumée, Joseph Ratzinger a ensuite salué les fidèles dans plusieurs langues, et conclu par un message improvisé: "dans la prière, nous serons toujours proches !"

Le pape l'a redit dans un de ses derniers tweets: "dans ce moment particulier, je vous demande de prier pour moi et pour l'Eglise, confiants comme toujours dans la Providence de Dieu".

Le compte @pontifex, ouvert en décembre, doit s'arrêter jeudi à 19H00 en même temps que la fin du pontificat. Il est suspendu pendant "le siège vacant" et ce sera au nouveau pontife de décider ou non de le réactiver.

Lors de cet ultime Angelus, les autorités avaient mis en place des mesures de sécurité exceptionnelles: plus de 100 policiers et tireurs d'élite postés aux alentours.

Ces mesures servaient également de préparation à l'ultime audience que le pape accordera mercredi, exceptionnellement sur la Place Saint-Pierre.

Cet évènement intervient dans un climat alourdi par des allégations de scandales sexuels publiées dans la presse, évoquant "un lobby gay" au Vatican et des intrigues de pouvoir et d'argent.

Le Vatican a réagi samedi avec une grande virulence, qualifiant ces informations de "fausses".

Par ailleurs, le chef de l'Eglise d'Ecosse, Mgr Keith O'Brien, qui doit participer au conclave, est l'objet de plaintes auprès du Vatican.

Selon la presse britannique, trois prêtres et un ancien prêtre l’accuse "d’actes inappropriés".

Concernant l’après Benoît XVI, un conclave de cardinaux se réunira à la mi-mars pour élire son successeur.