Chypre: vote crucial reporté

Image caption Un homme retire de l'argent d'un distributeur à Nicosie, le 16 mars 2013.

Le gouvernement chypriote tente de réviser un plan prévoyant de prélever une taxe sur tous les dépôts bancaires, avant un vote crucial au parlement.

Le vote, prévu initialement ce lundi, a été reporté à mardi.

Le vote au parlement doit entériner un plan de sauvetage financier européen de Chypre.

Face à la colère des épargnants, le président chypriote Nicos Anastasiades a rencontré lundi les parlementaires, pour discuter d’une modification de la répartition de la taxe sur les dépôts bancaires.

L’Union européenne et le FMI, en contrepartie d’un prêt de 10 milliards d’euros à Chypre, avait demandé au gouvernement chypriote de mettre à contribution les épargnants.

Le gouvernement avait annoncé ce week-end un prélèvement de 6,75% sur les comptes bancaires avec moins de 100.000 euros, et de 9,9% au delà, permettant de lever 5,8 milliards d’euros.

Cette mesure brise un important tabou: pour le première fois depuis le début de la crise financière en Europe, les épargnants d’un pays sont directement mis à contribution.

L’annonce a déclenché la furie des détenteurs de comptes à Chypre, qui se sont rués sur les distributeurs de billets.

Le président Nicos Anastasiades avait assuré dimanche que ce plan était la solution “la moins douloureuse” pour le pays.

Le gouvernement envisage désormais d’exempter les plus petits épargnants de la taxe, tout en augmentant la contribution des plus gros comptes.

Joerg Asmussen, un membre du conseil des gouvernement de la Banque centrale européenne, a déclaré que la BCE n’avait pas d’objection à un ajustement des termes de l’accord, tant “que la contribution de %,8 milliards d’euros” de Chypre au plan de sauvetage était maintenue.

Les bourses européennes ont nettement chuté lundi matin, par crainte d’une contagion potentielle de l’inquietude des epargnants chypriotes à d’autres pays du sud de l’Europe.

Colère de Moscou

Image caption Vladimir Poutine dénonce la taxe bancaire.

Le président russe a dénoncé comme "injuste" et "dangereuse" la taxe sur les dépôts bancaires acceptée par Chypre en échange d'une aide internationale.

De nombreux comptes bancaires à Chypre ont été ouvertes par des Russes, attirés par une législation bancaire laxiste.

Le Premier ministre Dmitri Medvedev a estimé que l'idée s'apparentait à "une confiscation de fonds étrangers".

L'agence Moody's a évalué à 19 milliards de dollars les seuls avoirs de sociétés russes placés à Chypre, auxquels s'ajoutent 12 milliards de dollars d'avoirs de banques russes dans des établissements chypriotes.