Belgique: expulsions de Guinéens

Les expulsions de Guinéens de Belgique ont été dénoncées par une association de défense des étrangers.

Plusieurs dizaines de Guinéens et de Sénégalais sont expulsés ce mercredi par avion militaire, comme c’est le cas chaque semaine depuis plusieurs mois, selon la RTBF, la radio/télévison publique belge.

Le Collectif de résistance au centre pour les étrangers dénonce des déportations collectives, à l’abris des regards, et estime que la Guinée-Conakry n'est pas un pays démocratique.

"Nous parlons d’expulsions collectives parce qu’on a vraiment ciblé un groupe de personnes qu’on renvoie dans un pays où il n’y a aucune garantie quant à leur avenir. Ce sont des personnes qui ont fui un pays qui n’est pas démocratique, et où aucun pouvoir législatif n’est en place actuellement. Les gens y sont arrêtés et sont même tués lors de manifestations, comme cela s’est produit en mars et en avril. Pour nous c’est tout à fait inacceptable" a déclaré France Arets, porte-parole du Collectif.

"Il n’y a aucune possibilité de refuser d’embarquer dans un avion militaire, on est encadré par la police fédérale. Ce qui nous semble le plus grave dans ce type de procédure, c’est qu’il n’y a aucun témoin ; personne n’a accès, ni les journalistes, ni les organisations non gouvernementales, ni les parlementaires", ajoute France Arets.

La problématique des Guinéens demandeurs d'asile en Belgique demeure une préoccupation pour le gouvernement guinéen et le gouvernement belge, ainsi que pour l'Organisation internationale pour la migration, avait déclaré au début du mois à Conakry le directeur général de l'Office belge des étrangers , Freddy Roosemont.

En 2013, pour les trois premiers mois, l'office a enregistré 442 demandes d'asile pour la Guinée contre 444 demandes pour le compte de l'Afghanistan.

Selon Freddy Roosemont, cette forte demande des Guinéens pour l'asile en Belgique s'explique par le rôle des réseaux clandestins de trafics qui encouragent "les gens à se lancer dans des situations illégales de demandeurs d'asile”.

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