Turquie : Erdogan durcit le ton

  • 6 juin 2013
Image caption Les manifestants réclament la démission du premier ministre turc.

En déplacement en Tunisie, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a réitéré son refus de céder face aux manifestants qui exigent sa démission.

Ils dénoncent l'implication de "terroristes" dans le mouvement de contestation, qui a fait un troisième mort, un policier.

Quelques heures avant de rentrer dans son pays à l'issue d'une tournée de trois jours au Maghreb, le chef du gouvernement a exclu de revenir sur le projet d'aménagement de la place Taksim d'Istanbul, à l'origine des contestations et qui agite l'ensemble du pays.

Il a déclaré devant la presse que : "nous mènerons ce projet à son terme (...) nous ne permettrons pas à une minorité de dicter sa loi à la majorité."

Le premier ministre a de nouveau dénoncé la présence d'"extrémistes", certains "impliqués dans le terrorisme", montrant du doigt sans le nommer le groupe d'extrême gauche turc interdit DHKP-C (Front révolutionnaire de libération du peuple) qui avait revendiqué un attentat en février contre l'ambassade des Etats-Unis à Ankara.

Signe de la nervosité des marchés après l'intransigeance affichée par M. Erdogan, la Bourse d'Istanbul a chuté de 4,70% à la clôture.

Mercredi, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues des grandes villes turques à l'appel de deux puissantes centrales syndicales de gauche, notamment à Istanbul et Ankara, où des affrontements ont opposé la police aux manifestants.

A Adana (sud), un policier a succombé à ses blessures après être tombé d'un pont mercredi en poursuivant des manifestants, selon la chaîne de télévision privée NTV.

Il s'agit du premier mort dans les rangs de la police depuis le début, le 31 mai, de la contestation, qui a aussi fait deux morts chez les manifestants.

Outre les trois morts, 4.355 personnes ont été blessées dans ce pays en une semaine, dont 47 très grièvement, a déclaré jeudi le syndicat des médecins turcs.