Irritation de Berlin contre Washington

  • 30 juin 2013
Un manifestant portant une pancarte anti-américaine à Hanovre.
Image caption Un manifestant portant une pancarte anti-américaine à Hanovre à la suite des révélations d'espionnage.

La ministre allemande de la Justice a exigé dimanche des explications immédiates des autorités américaines sur des révélations de l'hebdomadaire Der Spiegel selon lesquelles Washington aurait espionné les institutions de l'Union européenne.

"Il faut que du côté américain on nous explique immédiatement et en détail si ces informations de presse à propos d'écoutes clandestines totalement disproportionnées par les Etats-Unis dans l'Union européenne sont exactes ou non", a déclaré la ministre Sabine Leutheusser-chnarrenberger dans un communiqué.

"Que nos amis américains considèrent les Européens comme des ennemis, dépasse l'imagination", s'est indignée la ministre

Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, Washington espionnait les bureaux de l'U.E. à Bruxelles et la mission diplomatique de l'U.E. à Washington.

La délégation de l'U.E. auprès des Nations unies a fait l'objet d'une surveillance similaire, écrit Der Spiegel.

Les relations UE-EU mises à mal

L'hebdomadaire fonde ses accusations sur un document confidentiel, dont il a en partie pu avoir connaissance grâce à l'ancien consultant américain de la NSA, Edward Snowden, à l'origine des révélations sur Prism.

Dans ce document daté de septembre 2010, l'Union européenne est clairement citée dans le programme d'écoutes et de surveillance d'échanges de courriels.

Le jeune informaticien est actuellement toujours bloqué dans la zone de transit d'un aéroport de Moscou, après que les Etats-Unis ont émis un mandat d'arrêt contre lui.

La ministre allemande a aussi demandé au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, d'intervenir "immédiatement et personnellement" pour que la lumière soit faite sur toutes les accusations de surveillance américain dans l'UE.

Si ces accusations étaient avérées, "elles ne pourraient guère être justifiées par l'argument de la lutte contre le terrorisme", a lancé Mme Leutheusser-Schnarrenberger.

De son côté Martin Schulz, le président du Parlement européen a mis en garde contre les conséquences dommageables de ses allégations sur les relations entre l'U.E. et les Etats-Unis.

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