Percée dans le traitement du Sida

  • 3 juillet 2013

Deux hommes séropositifs, ayant subi une greffe de la moëlle épinière, ne présentent plus de trace du virus immuno-déficitaire humain, respectivement 15 et 7 semaines après l'arrêt de leur traitement.

Ces signes encourageants ne signifient pourtant pas qu'un remède miracle soit à portée de main, ont averti les chercheurs.

Mais ils laissent entrevoir la possibilité d'une disparition complète du virus chez les patients - un objectif encore inimaginable il y a quelques années - ou au moins d'un contrôle durable de la maladie, également appelé "rémission fonctionnelle" ne nécessitant plus la prise quotidienne de traitements antirétroviraux.

Timothy Henrich du Brigham and Women's Hospital à Boston qui participe à l'étude sur les greffes de moëlle osseuse, estime que "si ces patients peuvent vivre sans virus détectable pendant au moins un an, voire un an et demi après l'arrêt du traitement, les risques d'un retour du virus sont minimes".

Apparus à la fin des années 1990, les traitements antirétroviraux ont été progressivement améliorés mais les millions de malades à travers le monde doivent pour l'instant les prendre à vie.

Comme le virus subsiste dans des "réservoirs viraux" de l'infection, il peut réapparaitre très rapidement dès que le traitement est interrompu.

C'est dans la moëlle épinière, considéré comme un réservoir non détectable du VIH, que les nouvelles cellules sanguines sont produites.

Une expérience non généralisable

Mais la greffe de la moëlle épinière ne peut être généralisée.

Ces deux hommes en ont bénéficié parce qu'ils étaient atteint d'un lymphome, une forme de cancer.

Le taux de mortalité est de 15 à 20 pc dans les premières années après l'opération.

En effet il se pose des problèmes de compatibilité.

Les deux patients ont seulement troqué leur traitement avecv rétroviraux par des médicaments renforçant leurs défenses immunitaires.

L'intérêt de ces recherches est une meilleure compréhension du V I H et du rôle des réservoirs de V I H.

Des chercheurs français ont pour leur part présenté deux études à Kuala Lumpur, ANRS Optiprim et Visconti, soulignant l'importance d'un traitement précoce pour contrôler l'infection par le VIH.

Leurs études françaises confirment le bien fondé des nouvelles directives de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui recommande désormais de démarrer les antirétroviraux chez toute personne vivant avec le VIH lorsque le nombre de lymphocytes CD4 est inférieur ou égal à 500 cellules/mm3 de sang, contre 350 cellules/mm3 auparavant.

Quelque 34 millions de personnes sont infectées par le VIH dans le monde, et 1,8 million en meurent chaque année.