Abou Qatada extradé, puis inculpé

Abou Qatada embarquant dans un avion privé pour rejoindre la Jordanie.
Image caption Abou Qatada embarquant dans un avion privé pour rejoindre la Jordanie.

Expulsé du Royaume-Uni après des années de procédures judiciaires, Abou Qatada est arrivé dimanche en Jordanie, où il doit être jugé pour terrorisme.

Le prédicateur a été présenté devant le procureur de la cour de sûreté de l'Etat, qui lui a signifié son inculpation pour "complot en vue de commettre des actes terroristes", et a été placé en détention préventive pour 15 jours, selon une source judiciaire.

Qatada a plaidé non coupable d'apès la même source.

Celui qui était auparavant considéré comme "l'ambassadeur de Ben Laden en Europe" est arrivé à Amman peu avant 10H00 (07H00 GMT).

"Abou a été remis aux autorités à son arrivée à Amman. Il est maintenant soumis à un interrogatoire en vue de son nouveau procès", qui se déroulera dans "l'équité, la crédibilité et la transparence", a déclaré le porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammad Momani, cité par l'agence officielle Petra.

Son départ est un soulagement pour les autorités britanniques, qui ont dépensé 1,7 million de livres (2 millions d'euros) pendant les 10 ans de saga judiciaire et diplomatique ayant abouti cette expulsion.

Cette extradition intervient quelques semaines après la ratification par les deux pays d'un traité qui, sans mentionner le cas du prédicateur, garantit que des preuves obtenues par la torture ne pourront pas être utilisées contre Abou Qatada lors de son procès en Jordanie.

Le premier ministre britannique David Cameron s’est dit satisfait de l’issu de cette affaire : "je suis absolument ravi. C'est quelque chose que le gouvernement s'était engagé à faire, et nous l'avons fait (…) Comme le reste des Britanniques, cela m'a mis hors de moi, de voir que cela a pris si longtemps et que cela a été si difficile d'expulser cet homme qui n'a aucun droit d'être dans notre pays, qui est une menace pour notre pays."

Abou Qatada doit être rejugé pour deux affaires de "préparation d'attentat", pour lesquelles il a été condamné par contumace respectivement à la prison à vie et à 15 ans de prison.

Il était arrivé en 1993 pour demander l'asile au Royaume-Uni.

Depuis 2002, il a enchaîné les allers et retours en prison en vertu de la législation antiterroriste.

La justice britannique l'a qualifié de "menace pour la sécurité nationale", et il s'est illustré en Grande-Bretagne par de virulents prêches anti-occidentaux, anti-américains et antijuifs.

L'islamiste a longtemps combattu son expulsion vers la Jordanie, à la fois devant la justice britannique et européenne, avant de faire savoir en mai qu'il acceptait de retourner en Jordanie une fois ratifié le traité lui garantissant un procès équitable.