Pervez Musharraf officiellement inculpé

  • 20 août 2013
Des passants près du monument de Benazir Bhutto à Rawalpindi.
Image caption Des passants près du monument de Benazir Bhutto à Rawalpindi.

L'ancien président pakistanais Pervez Musharraf a été formellement accusé mardi du meurtre de Benazir Bhutto, sa rivale politique, assassinée en 2007 lors d'un rassemblement politique à Rawalpindi.

C'est une première pour un ancien chef des armées au Pakistan.

Il est accusé de "meurtre, de complot criminel pour meurtre et d'avoir facilité l'assassinat" de Benazir Bhutto, a déclaré le procureur Chaudhry Azhar, à l'issue d'une audience dans un tribunal anti-terroriste de Rawalpindi, ville voisine de la capitale Islamabad.

Pervez Musharraf a été rapidement rattrapé par plusieurs affaires, dont le meurtre de Mme Bhutto, depuis son retour au Pakistan fin mars pour se présenter aux élections après quatre ans d'exil entre Dubaï et Londres.

Le général à la retraite, qui s'était emparé du pouvoir en 1999, s'est présenté mardi matin à cette audience sous la protection de la police et de forces spéciales.

Il est actuellement placé en résidence surveillée dans sa villa dans les environs d'Islamabad.

M. Musharraf, qui est âgé de 70 ans, a nié toutes les charges.

Le meurtre de l'ancien Premier ministre et chef du Parti du peuple pakistanais (PPP) a été tuée le 27 décembre 2007 devant des milliers de partisans à Rawalpindi lors d'une attaque à l'arme légère doublée d'un attentat suicide.

Benazir Bhutto était, elle, rentrée au Pakistan à la fin de 2007 afin de participer aux élections législatives, mais elle avait rapidement fait état de menaces de mort contre sa personne et demandé une meilleure protection par le régime du président Musharraf.

Les élections reportées à février 2008, avaient finalement été remportées par son parti le PPP, à la tête duquel son mari Asif Ali Zardari avait pris sa succession.

Le gouvernement de M. Musharraf avait à l'époque accusé le chef des talibans pakistanais du TTP, Baitullah Mehsud, du meurtre de Benazir Bhutto.

Le chef taliban, qui a depuis été tué par un tir de drone américain, a toujours démenti toute implication dans cet assassinat.

Outre le dossier Bhutto, l'ex-président Musharraf est dans le collimateur de la justice pour avoir imposé l'état d'urgence en 2007 et le meurtre un an plus tôt, dans une opération militaire, d'Akbar Bugti, un chef rebelle de la province du Baloutchistan dans le sud-ouest du pays.

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