Bombarder la Syrie? Le doute s'installe

Image caption L'USS Stout de la Navy américaine, équipé de missiles de croisière, a été déploé en Méditerranée orientale.

La circonspection s'installe dans les capitales occidentales face à une éventuelle intervention militaire en Syrie.

Les classes politiques s'interrogent sur le bien fondé de frappes contre le régime de Bachar el-Assad, en écho à la réticence généralisée des opinions publiques.

De Londres à Berlin, bien que révulsés par les images de l'attaque chimique présumée du 21 août près de Damas, les parlementaires refusaient de signer un chèque en blanc aux dirigeants américain, britannique et français pour lancer des frappes punitives.

Londres est l'épicentre de ce scepticisme politique. L'opposition travailliste refuse de voter tout texte proposé par le Premier ministre David Cameron en faveur d'un recours à la force tant que les résultats de l'enquête des Nations unies sur place n'étaient pas connus, retardant d'autant des frappes qui paraissaient encore imminentes il y a quelques jours.

Des semaines

Les experts de l’ONU sur les armes chimiques feront un premier "compte rendu oral" au secrétaire général Ban Ki-moon dès leur retour de Syrie samedi, mais les conclusions finales devront attendre des analyses en laboratoire pratiquées en Europe.

Ces analyses pourraient prendre des semaines, selon un porte-parole des Nations Unies.

“Le secrétaire général s'attend à recevoir un compte rendu oral et ensuite, quand les analyses en laboratoire seront terminées, les experts fourniront un compte rendu final", a déclaré le porte-parole. Ce dernier a refusé de dire si le rapport oral préliminaire contiendra des éléments probants sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie.

Quelles preuves?

Aux Etats-Unis, Barack Obama fait face à des réserves.

Le Congrès américain n'entend pas dépendre des conclusions des Nations unies, une institution qui suscite la méfiance chez les républicains.

Mais démocrates et républicains somment Barack Obama de décrire son plan pour éviter l'embourbement.

La presse américaine s'interroge sur le rapport du renseignement américain qui devait être rendu public dans les prochains jours.

"Étant donné le spectaculaire échec américain en Irak, quand l'administration Bush a déclenché une guerre à cause d'armes nucléaires non existantes, le niveau de preuve est indéniablement plus élevé", souligne un éditorial du New York Times.

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