Rouhani salué à son retour à Téhéran

  • 28 septembre 2013
Le président iranien Hassan Rouhani embarquant dans un avion pour aller à l'Assemblée générale des Nations unies.
Le président iranien Hassan Rouhani embarquant dans un avion pour aller à l'Assemblée générale des N-U.

Plusieurs centaines d'Iraniens ont accueilli chaleureusement le président Hassan Rohani, à son retour de l'Assemblée générale de l'Onu à New York, après sa conversation téléphonique historique avec le président Barack Obama, juste avant son départ.

La poignée de main attendue entre Obama et Rouhani au siége de l'Onu, finalement ne s'est pas matérialisée.

Cependant un petit groupe de personnes scandait "A bas l'Amérique", et "Mort à Israël".

Plusieurs ont jeté des oeufs dans la direction du président, lorsque la voiture officielle a quitté l'aéroport de Téhéran.

L'un d'eux a même lancé une chaussure, ce qui est considéré comme une insulte dans la religion islamique.

Dans une déclaration à son arrivée, ayatolah Hassan Rouhani, a indiqué que le président américain avait pris l'initiative de l'appeler, alors qu'un haut responsable américain avait affirmé plus tôt le contraire.

Téhéran et Washington ont rompu leurs relations depuis 1980, un an après le renversement du Shah Reza Palhavi.

C'est la première fois qu'il y a des contacts à ce niveau entre les deux pays.

M. Rohani a expliqué qu'il avait défendu à New York la position de l'Iran notamment dans le dossier nucléaire dans le cadre de la politique de "souplesse héroïque" définie par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, sans céder sur les "droits" et les "objectifs de la nation".

L'Iran demande la reconnaissance de ses droits en matière nucléaire, notamment l'enrichissement d'uranium sur son sol, alors qu'Israël et les Occidentaux l'accusent de chercher à fabriquer l'arme atomique sous couvert de programme nucléaire civil.

"Nous avons parlé des négociations entre l'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne") et de la fenêtre qui s'était ouverte", a-t-il dit, en référence à une rencontre ministérielle à New York lors de laquelle a été annoncée une reprise des négociations à la mi-octobre à Genève.

Fin d'un tabou

Le président du Parlement, le conservateur Ali Larijani, a estimé samedi que "le ton des responsables américains a changé ces derniers jours, mais ils doivent montrer dans les faits qu'ils ont vraiment changé de politique envers l'Iran".

La presse iranienne a largement salué le contact "historique" en parlant de "la fin d'un tabou vieux de 35 ans".

Depuis son élection, à une forte majorité, M. Rohani a adopté un ton conciliant envers l'Occident et appelé au dialogue pour résoudre les contentieux après huit années d'isolement sur la scéne internationale sous la présidence de Mahmoud Ahmanidejad.

L'Iran est sous le coup de sanctions des Nations-Unies, des Etats-Unis et de l'Union européenne en raison de son programme nucléaire, sanctions qui pèsent sur l'économie et les finances du pays et provoquent une crise sociale d'envergure.

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