Défi de l'Iran avant des négociations

  • 13 octobre 2013
Un site nucleaire iranien
Image caption Un site nucleaire iranien

L'Iran refuse d'envoyer à l'étranger son stock d'uranium enrichi, l'une des principales conditions posées par les Occidentaux, à deux jours de la reprise des négociations sur son programme nucléaire, les premières depuis l'élection à la présidence de Hassan Rouhani.

Dans une déclaration faite à la télévision publique, le vice-premier ministre, Abbas Araghchi, le chef des négociateurs nucléaires iraniens, Abbas Araghchi, a dit que Téhéran était prêt à négocier la forme, le montant et le niveau d'enrichissement de son uranium, mais qu'il n'était pas question d'en suspendre la production ni de transféer ses stocks à l'étranger.

Selon le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) publié fin août, l'Iran possède 6.774 kilogrammes d'uranium enrichi à 3,5%, et 186 kg d'uranium enrichi à 20%.

Le pays a également transformé 187 autres kg d'uranium enrichi à 20% en barres de combustibles.

L'Iran possède plus de 19.000 centrifugeuses, dont 1.000 de la nouvelle génération, bien plus puissantes que les précédentes.

Les pays occidentaux et Israël soupçonnent la république islamique de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce qu'elle a toujours démenti.

"La République islamique d'Iran utilisera tous ses droits pour maîtriser la technologie nucléaire civile, notamment l'enrichissement d'uranium", a martelé le vice-ministre des Affaires étrangères.

Les représentants de l'Iran et des pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) doivent se retrouver mardi et mercredi à Genève pour relancer les négociations nucléaires interrompues depuis le mois d'avril.

"Il n'est pas question que nous cédions sur nos droits légitimes", a déclaré de son côté le général Mohammad Ali Jafari, le chef des Gardiens de la révolution, corps d'élite du régime iranien, cité par l'agence Fars.

Le général Jafari a récemment critiqué le président iranien Hassan Rohani, estimant qu'il avait fait une "erreur tactique" en acceptant une conversation téléphonique historique avec le président américain Barack Obama en marge de l'Assemblée générale de l'ONU fin septembre à New York.

Concernant les négociations de Genève, l'agence officielle Irna a indiqué dimanche que l'Iran allait présenter un "calendrier précis" et un cadre fixant les différentes étapes des négociations nucléaires.

Selon l'agence Mehr, "les lignes rouges" de l'Iran sont "l'enrichissement d'uranium sur le sol iranien", "le refus d'envoyer à l'étranger le stock d'uranium déjà produit", "le refus de fermer" le site d'enrichissement souterrain de Fordo (centre), et "le refus d'arrêter la construction du réacteur" d'Arak, qui doit entrer en fonction fin 2014.

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