Esclavage: la Mauritanie à l’index

  • 17 octobre 2013
Image caption L'indice inclut les victimes de trafic humain et de travail forcé.

Près de 30 millions de personnes dans le monde vivent dans des conditions d'esclavage, selon un nouvel indice classant 162 pays dans le monde.

En terme de pourcentage de la population d'un pays réduite en esclavage, c'est la Mauritanie qui arrive en tête du classement, avec un taux de 4%, révèle le Global Slavery Index 2013, compilé par l'organisation Walk Free.

"On trouve encore des esclaves héréditaires en Mauritanie, des enfants naissent esclaves" et sont contraints d'effectuer des tâches domestiques ou de travailler dans les champs, raconte Nick Grono, le directeur général de Walk Free.

La définition de l'esclavage moderne est quelque peu différente de celle qui avait cours au XVIIIe siècle, du temps de la traite négrière.

"L'esclavage moderne est une situation où les gens sont sous l'emprise de la violence. Ils sont contraints de prendre des emplois ou d'accepter des situations où ils sont économiquement exploités. Ils ne sont pas payés ou alors reçoivent le minimum pour survivre et ne sont pas libres de partir", selon Nick Grono.

Les personnes victimes de trafic humain, celles contraintes de se marier, les enfants exploités dans les conflits entrent aussi dans la définition de Walk Free.

L’estimation de 29,8 millions d'esclaves dans le monde effectuée par Walk Free est plus élevée que d’autres tentatives de quantifier l’esclavage moderne.

L’Organisation Internationale du Travail estime à 21 millions de personnes le nombre de personnes victimes de travail forcé.

Selon Walk Free, l’Inde est le pays qui compte le plus d’esclaves (14 millions), suivie de la Chine (2,9 millions) et du Pakistan (2,1millions) et le Nigéria (700.000).

Viennent ensuite l'Ethiopie (650.000), la Russie, la Thaïlande, la République démocratique du Congo(460.000), la Birmanie et le Bangladesh.

En Inde, "des communautés entières dans des villages du nord sont réduites en esclavage, forcées de fabriquer des briques ou de travailler dans des carrières.

Des enfants sont contraints de travailler sur des métiers à tisser pour fabriquer les tapis qui sont vendus dans nos magasins", explique Nick Grono.

Walk Free, une nouvelle organisation basée en Australie, est soutenue par l'ancienne secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et le co-fondateur de Microsoft et philanthrope Bill Gates.