Europe: espionnage à grande échelle

Image caption Le GCHQ, le service de renseignements électronique du gouvernement britannique.

L’agence britannique GCHQ aidait les renseignements de quatre pays d’Europe à surveiller des communications téléphoniques et internet.

De 2008 à 2013, les services de renseignement de l’Allemagne, de l’Espagne, de la France et de la Suède ont bénéficié de la "collaboration étroite" de GCHQ, pour se doter de systèmes de surveillance de masse des communications téléphoniques et internet, selon le quotidien britannique The Guardian.

Le journal se fonde sur des documents obtenus par l'ex-consultant du renseignement américain Edward Snowden, aujourd'hui réfugié en Russie.

Ces révélations interviennent alors que l'Europe et l'Asie sont en pleine polémique avec les Etats-Unis sur la collecte massive de données par Washington.

"Potentiel technologique énorme"

Dans un rapport du GCHQ sur ses partenaires européens datant de 2008 et cité par The Guardian, l'agence britannique fait part de "son admiration concernant les capacités techniques" des services de renseignement extérieur allemand (BND).

Le BND a "un potentiel technologique énorme et un bon accès au cœur de l'internet", indique le rapport de GCHQ.

The Guardian affirme aussi que le GCHQ "a joué un rôle essentiel en conseillant ses homologues européens sur la façon de contourner les lois nationales destinées à limiter le pouvoir de surveillance des agences de renseignement".

Des membres de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) de France ont été formés par le GCHQ à "des opérations internet multidisciplinaires", rapporte le journal.

En "Espagne, le CNI procédait, au moins en 2008, à la surveillance de masse des télécommunications sur internet via une société britannique", ajoute-t-on de même source.

Le GCHQ se félicite de l'adoption en 2008 en Suède d'une loi permettant de recueillir des données internet et téléphoniques transmises par des câbles à fibres optiques.