Prostitution: la loi française change

Image caption Une prostituée d'Europe de l'Est sur la Promenade des Anglais, à Nice, le 29 novembre 2013.

Les députés français débattent depuis vendredi sur une proposition de loi sur la prostitution, qui prévoit de sanctionner les clients.

La loi controversée devrait être adoptée lors d’un vote le 4 décembre, malgré les hésitations de nombreux députés.

Le texte, initié par des députés de la majorité socialiste et de l'opposition conservatrice, veut dissuader le client en punissant l'achat d'actes sexuels d'une amende de 1.500 euros, doublée en cas de récidive.

Il prévoit aussi un "stage de sensibilisation" comme alternative à l'amende ou peine complémentaire.

Le texte n'interdit pas la prostitution, légale en France et pratiquée par plus de 20.000 femmes (dont plus de 80% sont étrangères).

Le texte propose aussi d'abroger le délit de racolage qui pénalisait les prostituées, une mesure réclamée par ces dernières.

La proposition de loi s'inspire de l'exemple de la Suède où les clients sont pénalisés depuis 1999, ce qui a conduit à une réduction de moitié de la prostitution de rue en dix ans, même si cela n'a pas empêché la montée du racolage sur internet.

La proposition a suscité de vifs débats dans la société française.

Selon un sondage CSA, 68% des Français sont opposés à la répression judiciaire des clients.

Globalement en Europe, deux types de politique sont appliqué: la sanction des clients ou des prostituées, notamment dans les pays nordiques, ou l'organisation de la prostitution, en particulier dans les maisons closes, comme en Allemagne et en Grèce.