Les Pussy Riots sont libres

Image caption Maria Alyokhina à sa sortie du camp pénitentiaire russe de Nizhny Novgorod, lundi.

En Russie, après Maria Alekhina, Nadejda Tolokonnikova a bénéficié également de la loi d'amnistie, qui avait mené à la libération de l'ancien oligarque Mikhaïl Khodorkovski vendredi.

Maria Alyokhina, membre du groupe punk russe Pussy Riot, a également été libérée lundi.

Dès sa sortie de prison, Tolokonnikova n’a pas mâché ses mots : cette amnistie est une « opération de relation publique », a-t-elle déclaré à la télévision russe, ajoutant qu’elle aurait préféré rester en prison.

Alyokhina et Tolokonnikova avaient été condamnées à une peine de prison en août 2012 pour « hooliganisme motivé par la haine religieuse » après avoir mis en scène une protestation contre le président Poutine dans une cathédrale de Moscou.

La chanson se voulait une critique ouverte du soutien de l’église orthodoxe au président russe Vladimir Poutine et avait été perçue comme blasphématoire par une frange de la société russe.

Mais leur incarcération avait été aussi très critiquée, notamment par les groupes de défense des droits de l’homme, les activistes anti-Poutine et les gouvernements étrangers.

Libérables en mars 2014, elles avaient été informées la semaine dernière de leur prochaine libération, dans le cadre d’une loi signée par la parlement russe offrant l’amnistie à quelque 20 000 prisonniers, dont des mères, ce qui est le cas des deux jeunes femmes.

L’amnistie est largement vue comme une manière pour le président russe d’améliorer l’image du pays à la veille des jeux olympiques d’hiver de Sochi.

L’ex-oligarque Mikhail Khodorkovsky, l’un des hommes les plus riches de Russie, a également bénéficié de cette grâce vendredi, et a été libéré après plus de dix années passées en prison.

Des opinions politiques inchangées

Nadezhda Tolokonnikova a pu quitter lundi l’hôpital pénitentiaire sibérien où elle était soignée.

« Si j’avais eu le choix, j'aurais refusé cette amnistie, sans aucun doute », a-t-elle lancé dès sa sortie de prison.

Selon des déclarations d’amis de la jeune femme, reprises par les médias russes, Alyokhina, inquiète du sort réservé à certains compagnons d’incarcération, aurait quant à elle souhaité terminer sa peine à leurs côtés.

Interrogé par la BBC, le mari de Tolokonnikova, Pyotr Verzilov, a déclaré que « la seule chose que les deux jeune femmes ont acquise durant les deux ans de leur détention, c’est la certitude qu’elles vont continuer à se battre contre le régime de Poutine, parce que c’est la seule manière de changer les choses dans notre pays ».