Irak: Offensive pour reprendre Fallouja

  • 5 janvier 2014
Des habitants de Fallouja se préparent à partir après l'annonce du gouvernement de reprendre la ville aux islamistes.
Image caption Des habitants de Fallouja se préparent à partir après la décision du gouvernement de reprendre la ville.

Des milliers d'habitants fuient la ville, dont le gouvernement irakien a reconnu la semaine dernière avoir perdu le contrôle.

Des militants liés à al-Qaïda, auxquels se sont ralliés des tribus en ont chassé l'armée.

La ville est située à 200 km à l'ouest de Bagdad, dans la province d'al-Anbar, où les sunnites sont majoritaires.

L'on fait aussi état de combats à Ramadi.

En 2004, des batailles meurtrières s'étaient déroulées à Fallouja entre des insurgés et les troupes américaines qui avaient subi de lourdes pertes,

Depuis plus d'un an la province d'Al-Anbar est devenue un haut lieu de la contestation au Premier ministre Nouri al-Maliki, accusé d'accaparer le pouvoir et de marginaliser la communauté sunnite.

Les forces spéciales ont déjà mené des opérations dans la ville et l'armée est déployée tout autour.

Une fois que les habitants auront quitté la ville, "nous lancerons l'attaque pour écraser les terroristes", a affirmé un responsable gouvernemental.

Image caption Des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant ( extrémistes sunnites affilés à al-Qaïda).

Des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, extrémistes sunnites affilés à Al-Qaïda) ont pris le contrôle de Fallouja et de quartiers de Ramadi, 50 km plus à l'ouest.

Le retrait de la police après des violences provoquées lundi dernier par la fermeture d'un camp de protestation de manifestants sunnites hostiles à M. Maliki, est à l'origine de ce dernier développement.

Dimanche soir, des échanges de tirs intermittents étaient entendus à la périphérie de Fallouja mais aucun combat n'était signalé à l'intérieur, selon des témoins.

C'est la première fois que des combattants d'Al-Qaïda prennent directement le contrôle de zones urbaines depuis l'insurrection sanglante qui avait suivi l'invasion américaine de l'Irak en 2003 et la chute du régime de Saddam Hussein.

Iran versus Etats-Unis

Mais désormais, il revient aux forces irakiennes de mener la bataille, a souligné le secrétaire d'Etat américain John Kerry, en tournée au Proche-Orient.

"Nous les aiderons dans leur combat mais c'est un combat qu'elles doivent à terme gagner elles-mêmes et j'ai confiance dans le fait qu'elles peuvent y parvenir", a-t-il dit.

Les derniers soldats américains ont quitté l'Irak en décembre 2011.

"Nous n'envisageons pas de renvoyer des troupes au sol", a souligné M. Kerry.

Le régime chiite d'Iran a annoncé être prêt à fournir des équipements militaires et des conseils à l'Irak pour l'aider dans sa lutte contre Al-Qaïda.

"Si les Irakiens en font la demande, nous leur fournirons des équipements et des conseils mais ils n'ont pas besoin d'hommes", a déclaré le général Mohammad Hedjazi, adjoint du chef d'état-major des forces armées, cité par l'agence officielle IRNA.

Depuis la chute de Saddam Hussein, l'Irak, à majorité chiite, s'est rapproché de l'Iran et M. Maliki est souvent accusé d'être sous l'influence de la République islamique.

"Nous ne céderons pas tant que nous n'aurons pas vaincu tous les groupes terroristes et sauvé notre peuple à al-Anbar", a promis samedi M. Maliki.

Les autorités ont fait état de plus de 160 morts, essentiellement des membres de l'EIIL, vendredi et samedi.

L'EIIL est devenu une force majeure dans la guerre en Syrie et mène des attentats sanglants en Irak.

"L'EIIL a réussi à tirer profit de ses réseaux et capacités en Irak pour avoir une présence forte en Syrie, et il a utilisé sa présence en Syrie pour renforcer ses positions en Irak", explique Daniel Byman du Brookings Institution's Saban Center for Middle East Policy.

Ailleurs en Irak, 15 personnes sont mortes dans des attentats dimanche à Bagdad.

Les violences, qui avaient diminué depuis 2006 après la création de milices sunnites par l'armée américaine pour combattre Al-Qaïda, ont renoué l'année dernière avec leurs niveaux de 2008 avec plusieurs milliers de morts.