Thaïlande: veille de scrutin sous tension

  • 1 février 2014
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Image caption Quelque 10 000 policiers patrouilleront les rues de la capitale lors des élections de dimanche.

Au moins cinq personnes ont été blessées dans la capitale thaïlandaise lors de heurts entre partisans et opposants du Premier ministre Yingluck Shinawatra.

Les coups de feu ont été tirés alors que des manifestants empêchaient l’accès à un bâtiment où sont gardés des bulletins de vote, à la veille d'élections nationales.

Les manifestants souhaitent que le gouvernement soit remplaçé par un “Conseil du peuple » non élu; ils ont promis de boycotter le scrutin de dimanche, qui selon les analystes devrait être remporté par Yingluck Shinawatra.

Marionnette de son frère

L'opposition accuse le Premier ministre d’être la marionnette de son frère, l’ancien dirigeant renversé Thaksin Shinawatra, aujourd'hui exilé.

Les tirs de samedi ont eu lieu dans le quartier de Laksi, à Bangkok, un bastion du parti du Premier ministre Pheu Thai.

Un certain nombre de personnes ont été aperçues blessées et allongées sur la route, alors que les échanges de coups de feu continuaient, forçant les journalistes et les passants à la fuite.

On ne sait pas encore clairement si les personnes blessées font partie des partisans du gouvernement ou de l’opposition.

Avant l’attaque, les manifestants ont attaqué une voiture et ont déclenché plusieurs explosifs.

Chemises jaunes contre chemises rouges

L’opposition- dont les partisans sont appelés les « chemises jaunes »- a promis de perturber les élections en empêchant que les bulletins ne parviennent aux bureaux de vote.

Les groupes pro-gouvernementaux- ou “chemises rouges”- se sont vus confiés la tâche de surveiller les élections, sans affronter les manifestants.

Les autorités redoutent en effet que des violences ne mettent en péril les élections.

L’armée avait plus tôt déclaré qu’elle augmenterait le nombre de troupes déployées à Bangkok pour les élections de dimanche.

Quelque 10 000 policiers patrouilleront également les rues de la capitale.

Abus de pouvoir

Les manifestations ont commencé en novembre, lorsque la chambre basse a soutenu une loi d’amnistie controversée qui selon les critiques permettra le retour au pouvoir du frère du Premier ministre.

Thaksin Shinawatra a été renversé lors d'un coup d’Etat en septembre 2006, puis accusé de corruption et d’abus de pouvoir.

Il risque deux ans de prison s’il retourne en Thailande, où il a été condamné par contumace.

Sa sœur avait demandé l'organisation d'élections anticipées dans l’optique d’apaiser les tensions, ce qui a au contraite envenimé les choses, les manifestants ayant promis de tout faire pour perturber le scrutin.