Colombie : "Popeye" est libre

John Jairo Velasquez a déclaré qu’il admirait toujours son ancien patron. Copyright de l’image afp
Image caption John Jairo Velasquez a déclaré qu’il admirait toujours son ancien patron.

L’ancien bras droit d’un important narcotrafiquant est sorti de prison mardi, après avoir purgé les deux-tiers de sa peine et collaboré avec la justice.

John Jairo Velazquez, 52 ans, connu sous le pseudonyme de "Popeye", était l'un des tueurs à gages favori de Pablo Escobar, un baron de la drogue mort dans une opération policière en décembre 1993.

Il a avoué avoir commis 300 assassinats dont celui de sa propre femme, et en avoir commandité 3.000 autres.

L’ancien détenu a passé 22 années derrière les barreaux pour avoir orchestré l’assassinat de Luis Carlos Galan, un ancien candidat à la présidentielle de 1990 qui avait déclaré la guerre aux cartels de drogue.

En plus d'avouer ses crimes, John Jairo Velazquez a collaboré avec la justice pour résoudre d'autres affaires: ses confessions ont notamment permis de condamner l'ex-candidat libéral à l'élection présidentielle de 1990, Alberto Santofimio, pour avoir commandité l'assassinat de Luis Carlos Galan.

Sa sortie précoce de prison est aussi due à une particularité colombienne: "en Colombie les gens ne purgent jamais la totalité de leur peine. Le prisonnier se voit décerner une remise de peine d'un jour pour chaque jour où il a travaillé ou étudié", a expliqué à l'AFP Fabio Humar, avocat pénaliste de l'Université Javeriana.

Pour certaines familles de victimes, John Jairo Velasquez a contribué à l'établissement de la vérité sur des massacres et à la condamnation d'autres tueurs.

D'autres ont exprimé leur colère et le traitent de menteur professionnel tout en craignant de le croiser dans la rue.

Selon eux, il a reconnu des crimes pour lesquels il n'a pas encore été jugé.

De son côté, le bureau du procureur a indiqué avoir autorisé sa sortie de prison après avoir vérifié qu'il n’y avait pas d’autres affaires en cours.

Popeye a quitté la prison escorté par un convoi de véhicules, à sa demande.

Une reconversion à Hollywood ?

Dans une série d’interviews, anticipant sa libération anticipée, John Jairo Velazquez a déclaré qu'il avait 80% de chances d'être tué par ses anciens rivaux suite à sa libération.

Avec la menace d’une possible vengeance qui pèse sur lui, il a confié envisager de déménager à l'étranger.

Il a également l’intention de vendre à Hollywood les droits de son autobiographie qu’il a écrit sur ses années passées aux côtés de Pablo Escobar.