Le Rwanda "enferme ses pauvres"

L'ONG Human Rights Watch dénonce la poursuite, au Rwanda, de la politique d'arrestation arbitraire des enfants des rues, des personnes pauvres et des vendeurs à la sauvette.

Image caption Une rue de Kigali, la capitale du Rwanda, un pays accusé par HRW d'enfermer dans des "centres de transit" des personnes "indésirables".

Ils sont placés dans des "centres de transit" où les conditions de détention sont "abusives", affirme cette organisation dans un rapport publié ce jeudi.

On compte au Rwanda 28 centres de transit, où sont enfermées abusivement des personnes pauvres, selon Human Rights Watch.

Des personnes pauvres, dont des enfants, sont détenues pendant des périodes prolongées, dans ces centres, affirme l'ONG.

"Les détenus y manquent de nourriture, d'eau et de soins médicaux appropriés. Ils subissent des passages à tabac fréquents et sortent rarement des pièces sales et surpeuplées où ils sont confinés", soutient-elle.

Le rapport intitulé "Rwanda: enfermer les pauvres" est le deuxième de Human Rights Watch concernant les centres de détention pour personnes pauvres dans ce pays.

Le premier rapport avait appelé à la fermeture du centre de Gikondo, dans la capitale, Kigali, mais "de nouvelles recherches indiquent que les autorités ont apporté peu de changements", selon HRW.

L'ONG affirme que "des traitements dégradants similaires sont courants dans d'autres centres de transit".

La raison officieuse de l'enferment de ces personnes serait, selon HRW, une volonté politique du Rwanda de dissimuler ces personnes "indésirables".

En réponse à la publication du premier rapport de HRW, les autorités rwandaises avaient nié les manquements aux droits de l'homme dans ces centres et parle de "politique de rééducation plutôt que d'incarcération" qui porterait ses fruits selon le gouvernement rwandais.

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