Nigeria : le pétrole, source de malheur

Image caption Les attaques contre les oléoducs se multiplient dans le Delta du Niger

Depuis plusieurs mois, la production pétrolière est menacée dans le Delta du Niger, une région située dans le sud-est du Nigeria.

Des insurgés locaux détruisent des oléoducs et des installations pétrolières, pour manifester leur opposition à la décision du gouvernement de diminuer les paiements versés aux ex-rebelles.

Dans le village de Kurutie, la population voit le pétrole comme une malédiction.

Non seulement la population se dit négligée par le gouvernement, mais elle se plaint aussi de l'impact néfaste de l'extraction du pétrole sur l'écosystème.

La pêche, qui était jadis l'activité principale dans cette partie du Nigeria, est devenue impossible.

Désarroi de la population

L'un des chefs de la localité explique que les attaques des insurgés est l'expression du ras-le-bol de la population :

"Il n'y a pas d'emploi. C'est le cri de désespoir du peuple du Delta du Niger. Nous ne disons pas de ne pas prendre notre pétrole. Mais nous demandons simplement à être des partenaires dans cette affaire".

Les habitants de Kurutie regrettent aussi l'abandon, par le gouvernement nigérian, du projet de la première université maritime du Delta.

Les bâtiments comprenant une douzaine de bâtiments et une piscine sont déjà construits.

Des ex-insurgés devraient y apprendre le soudage sous l'eau ou le sauvetage en mer.

Et la décision d'Abuja de réduire de 70 % le budget prévu pour payer des dizaines de milliers d'ex-combattants vient approfondir ces frustrations et nourrir la dernière vague d'insurrection.

Les allocations mensuelles faisaient partie d'un accord d'amnistie signé il y a sept ans.

Aujourd'hui, les insurgés considèrent que la décision des autorités nigérianes est une trahison.


Un commandant des milices sous couvert de l'anonymat

"Nous avons conduit beaucoup d'attaques, mais nous ne sommes pas des terroristes. Nous demandons seulement le respect de nos droits… Nous ne combattons pour que nos communautés puissent se développer".


Avec les affrontements dans le Delta, de profondes divisions refont surface au Nigeria.

Dans le Sud du Nigeria, région à majorité chrétienne, plusieurs se sentent frustrés et se disent mécontents de la gestion de l'administration Buhari.

Le président nigérian est originaire du Nord où la plupart de la population est musulmane.

Son prédécesseur, Goodluck Jonathan, du Sud, étendait sa générosité dans la région.