Affaire Katumbi : l'ANR dément la juge Ramazani

Par Poly Muzalia, correspondant en RDC

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Image caption Moise Katumbi

L'Agence nationale de renseignements (ANR) de la RDC nie avoir exercé sur la juge Chantal Ramazani des pressions visant à faire condamner l'opposant Moïse Katumbi à 3 ans de prison.

Selon l'un des correspondants de BBC Afrique en RDC, l'ANR dit douter de l'authenticité de la lettre porteuse des allégations selon lesquelles la magistrate a reçu des instructions de la part des services de renseignements.

Ces derniers auraient souhaité écarter Moïse Katumbi de la prochaine élection présidentielle en RDC, en le faisant condamner à une peine de prison.

M. Katumbi, ex-gouverneur du Katanga (sud), est actuellement à l'étranger.

Condamné à son absence à 3 ans de prison pour "spoliation d'immeubles", il a promis de rentrer en RDC dans la semaine en cours.

La juge Chantal Ramazani dit avoir subi des pressions de la part de sa hiérarchie, tout comme des services de renseignements, pour faire condamner Moïse Katumbi.

Selon cette magistrate membre du panel de juges qui a condamné l'opposant, la peine de 3 ans de prison prononcée à l'encontre de M. Katumbi a été obtenue sous la contrainte.

La BBC a pu obtenir une copie de la lettre qu'elle a envoyée à sa hiérarchie, mardi 26 juillet.

Dans cette correspondance, Chantal Ramazani dénonce les pressions qui auraient été exercées sur elle pour que Moïse Katumbi soit condamné.

La juge met en cause Kalev Mutond, le patron des services de renseignements congolais.

Chantal Ramazani évoque des pressions physiques et psychologiques exercées sur sa personne, pour qu'elle appose sa signature sur le jugement condamnant Moïse Katumbi.

Selon la magistrate, le but de cette manœuvre est d'écarter l'ex-gouverneur du Katanga de la course à la présidentielle.

Selon l'un de ses proches, la juge se cacherait depuis plusieurs jours par peur de représailles.

Moïse Katumbi est à l'étranger depuis deux mois.

Il a annoncé son intention de rentrer au pays dès la fin de cette semaine.

Alexis Thambwe Mwamba, le ministre de la justice, a déjà prévenu que l'opposant sera arrêté si jamais il rentrait en RDC.