Togo : séropositives et stigmatisées

Image caption l'accès aux médicaments est un véritable casse tête pour certains malades

Des Togolaises porteuses du VIH-Sida ont dénoncé dimanche, lors d'une marche pacifique, à Lomé, à l'occasion de la Journée internationale de la femme africaine, leur stigmatisation et l'hostilité dont elles sont victimes.

Au cours de cette journée, ces femmes ont également invité la population à un changement de mentalité sur leur situation.

Blandine Abé, une séropositive togolaise, a été chassée par sa famille. Elle affirme être confrontée à plusieurs difficultés.

"Moi, j'ai été chassée de la maison. Mais je continue de croire que Dieu n'a pas encore dit son dernier mot sur ma vie… Ma vie, je la mène hors de la maison, je me lave dehors, on m'a privée d'électricité et je ne suis plus autorisée à accéder aux toilettes de la maison", a déclaré Blandine Abé à la BBC.

Augustin Doklan, le président de l'Observatoire des droits humains en lien avec le VIH-Sida au Togo, vit avec la maladie depuis plus de dix ans. Il dénonce les formes de stigmatisation dont sont victimes les personnes séropositives.

"Les formes de stigmatisation les plus courantes au Togo sont la diffamation, l'exclusion sociale, le refus des soins médicaux dans les hôpitaux et la stigmatisation en milieu professionnel", a indiqué M. Doklan.

Selon les statistiques, 84 % des personnes vivant avec le virus du Sida au Togo sont des femmes.

Depuis 2005, le pays a adopté une loi contre la stigmatisation sociale de cette catégorie de personnes. Malgré cette avancée, la situation reste toujours inchangée.

Lire plus