Des violences meurtrières au Nord-Kivu

Par Poly Muzalia, correspondant en RDC

Violences en RDC
Image caption Les violences découlent souvent de différends liés à la terre, dans le Nord-Kivu.

Au moins 11 civils ont été tués dans une attaque à caractère ethnique et plusieurs dizaines d'habitations incendiées dans la nuit de dimanche à lundi, dans l'est de la RDC.

L'attaque a eu lieu dans la région de Kibirizi, dans le Nord-Kivu.

Dimanche, vers 23 heures, un groupe armé a fait irruption dans cette ville, tuant au moins 11 personnes et brûlant une soixantaine d'habitations.

D'après le capitaine Guillaume Ngike, porte-parole de l'armée, sept civils ont été tués à Kibirizi, et quatre autres à Kabanda.

Il attribue ce raid meurtrier aux Nyatura, un groupe armé hutu actif dans la région.

Selon le capitaine Ngike, l'armée a arrêté deux miliciens parmi les assaillants.

Innocent Gasigwa, un responsable de la société civile locale, a donné une version différente de celle du porte-parole de l'armée, en évoquant un bilan d'au moins sept morts à Kibirizi.

Contrairement à l'armée, il attribue l'attaque aux Maï-Maï Mazembe, une milice à majorité Nandé.

Ces violences mettent à jour la tension communautaire qui couve dans la région.

Depuis le début de l'année, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées dans cette zone, dans des affrontements entre Nandés et Hutus.

Les violences découlent souvent de différends liés à la terre.

Les terres de la région sont convoitées par plusieurs groupes ethniques.

Les Nandés accusent les Hutus congolais de s'être alliés aux FDLR, une rébellion hutue rwandaise, pour envahir leurs terres.

De leur côté, les Hutus congolais reconnaissent qu'ils sont à la recherche de nouvelles terres agricoles.

Ils accusent les Nandés de violer leur droit, reconnu par la Constitution, de s'installer à l'endroit de leur choix.

Un calme précaire régnait lundi matin à Kibirizi, après les violences nocturnes.

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